Le géant suisse Nestlé a récemment agrandi la portée de son rappel volontaire de lots de lait infantile à plus de 50 pays, élargissant ainsi une situation qui a initialement touché quelques marchés européens comme l’Allemagne, l’Italie et la Suède. À présent, des pays stratégiques tels que la Chine et le Brésil sont également concernés, une décision qui découle de consultations avec les autorités locales pour respecter les normes de rappel en vigueur.
L'alerte a été déclenchée à la suite de la détection potentielle de céréulide, une toxine d'origine bactérienne produite par Bacillus cereus, découverte chez un fournisseur. Bien que Nestlé affirme que la substance n’a été trouvée qu'en quantités « infimes », le groupe insiste sur le caractère préventif de ce rappel. Selon leurs déclarations répétées, « aucun cas de maladie » n’a été lié aux produits concernés, mais ils reconnaissent que des symptômes digestifs tels que des vomissements ou des diarrhées peuvent survenir.
Cependant, cette gestion de crise suscite des critiques. L’ONG Foodwatch fustige la communication de Nestlé, la qualifiant de « au compte-goutte » et soulignant qu'un précédent rappel avait déjà été effectué en France le mois dernier. Sur les marchés financiers, les conséquences sont également palpables, avec une chute de 3,59 % de l’action Nestlé en cinq jours, malgré une augmentation de l’indice SMI de 1,73 %.
Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, souligne que le véritable enjeu reste la réputation de la marque. Bien que l’impact financier soit jugé « limité », représentant environ « 0,5 % » du chiffre d'affaires, les laits infantiles demeurent un produit délicat. Il appelle le groupe à « fournir une mise à jour claire et globale » pour restaurer la confiance du public. En réponse à cette situation, Nestlé a déjà commencé à diversifier ses fournisseurs et a mis en place des outils pour permettre aux consommateurs de vérifier les numéros de lots concernés.







