Emmanuel Macron a tenu une réunion cruciale jeudi après-midi avec les dirigeants des partis politiques français afin de discuter des "garanties de sécurité" que les Européens, notamment la France, s'engagent à offrir à l'Ukraine. Au cœur des débats, le président a évoqué un potentiel déploiement de "plusieurs milliers" de soldats français en Ukraine, en cas de cessez-le-feu avec la Russie.
Cette réunion a eu lieu deux jours après le sommet à Paris, où les alliés européens ont exprimé leur volonté de constituer une force multinationale présente sur le territoire ukrainien, en cas d'accord avec Moscou. Les représentants de l'administration Trump ont également affirmé leur soutien à cette initiative, tandis que les États-Unis se positionnent pour mener un éventuel mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, bien qu'il reste encore à établir.
À 17 heures, Macron a informé les présidents du Sénat et de l'Assemblée, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, ainsi que les chefs de partis et des groupes parlementaires, des avancées et des projets envisagés concernant la situation en Ukraine. Le président de la République a déjà précisé que la France pourrait envoyer des "militaires" pour construire cette force multinationale, le jour qui suivra un éventuel retour à la paix.
Le chef de l'État devrait également fournir plus d'informations sur la nature de la participation française. Un débat sur la nécessité d'un vote parlementaire pourrait émerger, similaire aux approbations antérieures au Royaume-Uni et en Allemagne. Ce ventre mou législatif pourrait être entre les mains des partis, même ceux ayant exprimé des réticences à l’idée d’envoyer des troupes, comme La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national.
En ce qui concerne la nature de ce déploiement, le président Macron a souligné qu'il ne s'agirait pas d'une force d'engagement au combat, mais d'une "force de réassurance". Les observateurs notent que la surveillance de la ligne de cessez-le-feu sera principalement assurée par des drones et des satellites, tandis que la présence des forces européennes en Ukraine vise à inciter à la dissuasion face à de potentielles agressions russes.
Les partis politiques, y compris ceux historiquement opposés à l'envoi de troupes, sont attendus à cette réunion. Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, a confirmé qu'elle s'y rendrait pour rappeler l'importance du droit international et critiquer le manque de soutien à un multilatéralisme respectueux de l'ONU, notamment face à la situation au Venezuela, que Macron n'a pas à ce jour dénoncée.
Les questions relatives à la position de la France concernant l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur, un thème qui divise l'opinion publique et les agriculteurs français, pourraient également émerger lors des débats. Cette réunion pourrait ainsi être le point de départ de discussions plus larges sur les politiques internationales de la France.







