Dans un climat de tensions croissantes, les agriculteurs français se sont donné rendez-vous à Paris le 9 janvier, espérant faire entendre leurs voix face à des défis qui semblent se multiplier. Malgré des efforts pour rallier le soutien des Parisiens, cette manifestation a attiré une assistance bien en deçà des attentes des organisateurs.
Fanny, une retraitée d'Ivry-sur-Seine, a été l'une des rares personnes à apporter un peu de réconfort aux agriculteurs en distribuant des gobelets de café. « Il est vital de montrer notre soutien aux agriculteurs, même à Paris », a-t-elle déclaré avec un large sourire. Malgré sa bonne volonté, elle n’a pu que constater l’absence de foule pour épauler les manifestants.
Des barrages policiers et une mobilisation restreinte
Dès l'aube, les agriculteurs ont contourné de nombreux barrages policiers pour entrer dans la capitale. Certains se sont dirigés vers l’Arc de Triomphe, tandis que d'autres ont préféré se rassembler devant l’Assemblée nationale. Armés de bonnets jaunes, emblème de la Coordination rurale, ils se sont heurtés à une présence policière massive, environ 200 agents des CRS prêts à faire face à toute agitation.
Louise, une militante venue de la banlieue, a témoigné de son soutien avec son compagnon. « Nous sommes ici pour l’agriculture. Le Mercosur est une aberration, il faut agir », a-t-elle exprimé, déplorant la faible participation populaire. Au cours de la journée, la préfecture de police a rapporté 11 interpellations et 12 mises en fourrière de tracteurs, une mesure qui soulève des inquiétudes parmi les agriculteurs sur l’utilisation des forces de l’ordre contre eux.
Une ambiance de désenchantement
Alors que la journée avançait, les agriculteurs exprimaient leur déception devant le manque de soutien. « On entend dire que tout le monde nous soutient, que tout le monde est derrière nous. Mais au final, on se retrouve tout seul à Paris », a déclaré un agriculteur visiblement amer, constatant que les promesses de solidarité ne se traduisaient pas en action.
En fin de journée, l’esplanade de l’Arc de Triomphe, bien que plus animée, restait éloignée des foules espérées. Les agriculteurs voyaient désormais des drapeaux flotter, tandis que quelques jeunes Parisiens s’étaient rassemblés, mais le chiffre global des présents restait dérisoire pour une cause si retentissante. Les sons des klaxons de tracteurs résonnaient, mais l’écho de leur colère semblait se dissiper dans la morosité ambiante.
Selon un rapport du Monde, la situation actuelle des agriculteurs en France est le reflet de politiques agricoles jugées inadaptées. Les professionnels du secteur sont en quête de réponses face à la globalisation et au manque d'accès à des prix équitables.
Dans la nuit tombée, alors que les forces de l’ordre commençaient à disperser les manifestants, plusieurs agriculteurs ont promis de revenir. Actuellement, la Coordination rurale appelle à une pause avant de potentiellement réévaluer la situation et les prochaines actions à mener. Le combat pour leurs droits et pour une agriculture digne de ce nom semble loin d'être terminé.







