L'enseigne Shiva sous le feu des enquêtes pour travail dissimulé

Une enquête vise Shiva, soupçonnée de salariat déguisé. Quelles sont les implications?
L'enseigne Shiva sous le feu des enquêtes pour travail dissimulé
Shiva, forte de 700 agences gérées en franchise, a engrangé en 2025 un chiffre d’affaires de 63,8 millions d’euros. © Crédit photo : illustration - Le Deodic David / SO

Shiva, une entreprise spécialisée dans le ménage à domicile et appartenant au groupe Domia, se retrouve sous le coup d'une enquête pénale suite à une plainte sur un éventuel travail dissimulé. Selon des sources proches du dossier rapportées par l'AFP, trois agents de ménage accusent l'enseigne de se présenter comme un simple mandataire, alors qu'elle établirait une relation d'employeur sans respecter les conditions salariales requises.

Récemment, le sujet a gagné en actualité, car le modèle d'affaires de Shiva pourrait être mis en cause. L'entreprise, avec ses 700 agences franchisées et un chiffre d'affaires de 63,8 millions d'euros prévu pour 2025, se voit accusée d'exploiter des travailleurs tout en évitant d'engager les responsabilités habituelles d'un employeur dans le secteur du nettoyage. "Shiva a su s'imposer sans se conformer aux normes sociales, une situation dénoncée par le collectif d'avocats représentant les plaignants", a déclaré un membre de ce collectif.

La plainte, déjà portée en janvier, a déclenché une enquête confiée à la Direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS), comme l’a indiqué le parquet de Paris.

Contacté, un porte-parole de Shiva a affirmé que l'entreprise était ouverte à toute évaluation de ses activités et a nié être au courant de l'enquête. "Shiva respecte la légalité de ses opérations en lien avec ses franchisés, et se conforme au cadre du statut de mandataire prévu par la loi". Pourtant, des experts évoquent une forme de "précarité institutionnalisée" au sein de l'entreprise, où les travailleurs se disent sous l'autorité de Shiva, devant se plier à des conditions de travail très encadrées et parfois intenables.

Leur situation pourrait également s'inscrire dans un cadre juridique plus large, rappelant les récentes jurisprudences comme celle de Deliveroo, où le tribunal de Paris avait infligé une amende de 375 000 euros pour le non-respect des droits de ses livreurs. Dans le cas de Shiva, les plaignants avancent que leurs conditions de travail illustrent un lien de subordination qui pourrait venir renforcer leur position contre l'entreprise.

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