L’enseigne de ménage à domicile Shiva, filiale du groupe Domia, fait l’objet d’une enquête pénale suite à une plainte pour travail dissimulé. Selon des sources proches du dossier, cette plainte a été déposée auprès du parquet de Paris le 13 juin 2026.
Trois agents de ménage affirment que Shiva prétend agir en tant que mandataire, facilitant la mise en relation entre particuliers et agents, tout en maintenant un lien d’employeur sans respecter les obligations légales qui incombent généralement aux employeurs.
Fort d’un réseau de 700 agences, Shiva a réalisé un chiffre d’affaires de 63,8 millions d’euros en 2025. Le collectif d’avocats représentant les plaignants dénonce le fait que l’entreprise opère "sans assumer les charges sociales et obligations d’un employeur en propreté". Ils qualifient son modèle de "précaire institutionnalisée", alors que la société se présente comme une marque "premium" visant à redonner de la dignité aux agents souvent dévalorisés, comme l’expliquent les avocats Hector Bernardini et Jean Simon.
La plainte, révélée en janvier par Basta !, indique que l’enquête est désormais sous la responsabilité de la direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS). Les plaignants évoquent un "véritable lien de subordination" puisqu’ils doivent posséder un système de géolocalisation pendant leurs heures de travail, et que des décisions concernant leur rémunération et congés sont gérées par Shiva.
De surcroît, la plainte aborde la question du marchandage de main-d’œuvre, insinuant que l’entreprise procède de manière systématique à l’octroi de contrats à durée déterminée, ce qui fragilise la position des agents, qui, en retour, ne bénéficient pas des indemnités de licenciement.
Les plaignants se basent également sur des précédents jurisprudentiels, notamment le cas de Deliveroo, qui avait été condamné en 2022 à une amende de 375.000 euros lors du premier procès pénal lié à l’ubérisation en France. Ce jugement soulève d'importantes questions sur la régulation de ces nouveaux modèles d'emploi dans le secteur.
Contacté par les médias, un porte-parole de Shiva a déclaré que l’entreprise serait "ouverte à tout examen de son activité" et a affirmé qu’elle n’avait pas été informée de l’enquête jusqu’à présent, exprimant sa volonté de se conformer aux lois régissant son fonctionnement.







