La situation sur les hauteurs de Lapège, près de Tarascon-sur-Ariège, devient de plus en plus préoccupante. Le 8 mai, deux nouvelles brebis ont été trouvées mortes suite à une attaque d'ours présumée, ce qui porte le total à quatre pertes en moins d'une semaine. Matthieu Fournier, président du groupement pastoral, exprime ses inquiétudes : "une attaque à une centaine de mètres des habitations, ça devient grave".
Malgré des mesures de protection comprenant la présence de quatre chiens et d'une bergère, les éleveurs constatent une escalade alarmante des incidents. Des inspections menées par l'Office français de la biodiversité (OFB) montrent que le troupeau subit des pertes directes, mais également des effets indirects dus au stress, tels que les avortements et une baisse de fertilité.
Édith Denjean, éleveuse touchée par ces attaques, souligne que la précocité et la fréquence de ces incidents sont inquiétantes et pourraient prévoir un été très difficile. "Dans le Couserans, la présence d'ours est devenue un fait courant, mais ici en haute Ariège, cette situation prend une tournure exceptionnelle", explique-t-elle.
Philippe Lacube, président de la Chambre d'agriculture de l'Ariège, soutient les éleveurs et appelle à des actions concrètes : "Nous devons mieux comprendre ces ours et envisager une forme de régulation. Actuellement, 11 ours ont été recensés dans le Vicdessos, ce qui est très alarmant pour l'équilibre de notre pastoralisme." Cette problématique se pose dans un contexte où la foire de printemps, symbolique pour le pastoralisme, se retrouve à l'ombre d'une menace constante des ours.







