Ce mardi 5 mai, Nicolas G., ancien animateur de l’école Titon dans le XIe arrondissement, se retrouve devant le tribunal correctionnel de Paris pour des accusations de harcèlement et d’agressions sexuelles sur neuf fillettes. Ce procès va bien au-delà du sort de cet individu, car il met en lumière un phénomène inquiétant qui a éclaté au printemps 2025 concernant les violences dans le milieu périscolaire à Paris.
Les faits reprochés remontent à 2024. Nicolas G., qui officiait depuis une dizaine d’années à l’école Titon et disposait d'une expérience de vingt ans auprès des enfants, aurait adopté des comportements inappropriés envers des élèves de CM2, âgées d’environ dix ans. Selon le parquet, il aurait donné des surnoms tels que « mon bébé d’amour » et imposé des câlins sans consentement. De plus, il aurait raconté des récits troublants de viols et de meurtres, tout en dessinant des images hypersexualisées lors d'ateliers manga. Trois des victimes affirment également avoir subi des attouchements déplacés.
Nueve fillettes se sont élevées contre Nicolas G., préférant dénoncer les abus en octobre 2024 auprès de la directrice de l’école. Suspendu immédiatement, il a été placé sous contrôle judiciaire. Bien que son casier judiciaire soit vierge, il risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende de 150 000 euros.
L'accusé, pour sa part, rejette toutes les accusations, qualifiant ses gestes de « maladroits » et ses interactions d’« accolades inoffensives ». Me Julie Chalumeau, avocate de cinq des familles des victimes, a exprimé son intention de demander un huis clos pour protéger l'anonymat des enfants, persuadée que ce procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les abus dans le milieu scolaire.
Un contexte alarmant
Ce procès s’inscrit dans un contexte préoccupant. Entre janvier et mars 2026, 78 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 31 pour des soupçons d’abus sexuels. En réponse à cette crise, le Conseil de Paris a voté un plan d’urgence de 20 millions d’euros le 14 avril dernier pour tenter de sécuriser les activités périscolaires.
Les collectifs de parents, tels que MeToo École et SOS Périscolaire, qui se battent pour la sécurité des enfants, ont salué les efforts de la ville tout en précisant que des mesures supplémentaires sont nécessaires. Ces parents ont eu des échanges avec le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le 30 mars, espérant que ce procès soit le début d’une prise de conscience collective. Un autre procès est déjà prévu pour le 26 mai, concernant un animateur de l'école maternelle Alphonse Baudin, également dans le XIe arrondissement, poursuivi pour des agressions sur cinq enfants.







