À compter du 1er janvier 2027, les communes et départements français auront la possibilité de financer l’installation de radars routiers, une mesure qui suscite des inquiétudes au sein de l'association 40 Millions d'automobilistes. Son délégué général, Pierre Chasseray, qualifie cette initiative de « non-sens ».
Il exprime son mécontentement, déclarant : « C’est du délire. Celui qui fixe la limite de vitesse ne peut pas être celui qui décide de poser le radar. Nous avons besoin de deux autorités distinctes pour éviter les conflits d'intérêts. » Cette nouvelle réglementation pourrait de surcroît provoquer une multiplication des radars sur les routes françaises, souligne-t-il. Chasseray préconise plutôt une transition vers un modèle de sécurité routière moins répressif et plus axé sur la sensibilisation des conducteurs.
La question de l’efficacité des radars reste également au cœur du débat. Depuis l’introduction du premier radar en 2003, la France a observé une hausse constante du nombre de radars tout en constatant une augmentation tragique du nombre de victimes sur les routes. Un constat qui laisse interroger sur l’acceptabilité des radars par les conducteurs. Chasseray souligne que, malgré leur présence, « nous observons toujours plus de décès sur nos routes, ce qui remet en question la pertinence de ces dispositifs. »
Pour illustrer son point de vue, il décrit les différences entre la France et d'autres pays, comme le Royaume-Uni, où le soutien des usagers à l'usage des radars est notable. Les Britanniques appliquent une tolérance de vitesse et adaptent les limitations aux comportements des conducteurs, ce qui contribue à une plus grande acceptation. « En France, on doit évoluer vers une approche semblable, en sanctionnant uniquement ceux qui enfreignent délibérément les règles. »
Chasseray conclut avec une mise en garde sur les implications politiques de cette mesure : « Les radars ne doivent pas devenir des outils de propagande ou de pression. Ils doivent servir uniquement à garantir la sécurité routière. » Ainsi, la question se pose : le financement par les collectivités des radars pourrait-il amener à une dérive politique dans la gestion de la sécurité routière ?







