Des milliers de festivaliers continuent d'investir un terrain militaire près de Bourges, où les échos de la musique se font toujours sentir, malgré une diminution des participants. Selon la préfecture du Cher, "5.000 personnes au maximum" se trouvaient encore sur place ce lundi après-midi.
Naissance de paysages troublés, les communes environnantes rapportent des dégâts dans les champs voisins, laissant place à des inquiétudes croissantes exprimées par les maires. Sébastien Péras, maire d'Ourouer-les-Bourdelins, a noté avec prudence : "Il y a eu des passages de véhicules dans les champs, des clôtures partiellement endommagées, mais aucune dégradation majeure."
Pour sa part, Denis Durand, maire de Bengy-sur-Craon, a érigé un cri d'alarme pour les agriculteurs affectés. "Nos équipes se battent contre les déchets laissés derrière, témoignant d'un stationnement anarchique dans notre petite commune de 700 âmes," a-t-il ajouté.
Dans un décor pluvieux et boueux, les participants ont été sollicités pour nettoyer le site. Un festivalier a témoigné : "C'est l'esprit d'autogestion, une règle que nous respectons lors de ces free parties."
Un vaste dispositif de gendarmerie surveille le site, avec 19 points de contrôle, entraînant un total de 19.636 vérifications effectuées jusqu'à ce genre, y compris 3.578 contraventions et plusieurs interpellations. La sécurité a été une priorité puisque 87 personnes ont eu besoin d'assistance médicale, parmi lesquelles quatre en urgence absolue.
"Nous avons quitté tard, mais les sorties étaient impraticables sans amende. C'est injuste," a partagé un participant. Les amendes pour avoir participé à l'événement s'élèvent à 135 euros, pouvant grimper jusqu'à 750 euros.
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a rencontré agriculteurs et élus, affirmant que les participants allaient devoir en assumer les conséquences juridiques, pour avoir pénétré sur un terrain militaire et participé à un rassemblement illicite. Les chiffres divergent, mais on estime entre 17.000 et 40.000 personnes présentes au fil des jours.
Les organisateurs soulignent leur opposition aux projets de loi renforçant les sanctions, passant du simple délit au délit pour les rassemblements illicites. Le traumatisme subi par les habitants a également été mis en avant par Durand, rappelant les nuisances sonores et les entraves à la circulation.
Le rassemblement a stimulé des débats, avec des manifestations prévues à Paris pour les 30 mai, 6 et 13 juin, en réaction à une proposition législative controversée.
Cependant, la préfecture a souligné les dangers inhérents à la zone, avec la découverte de deux obus, nécessitant l’intervention de démineurs. Par ailleurs, une reprise progressive des activités de tests de la DGA est attendue.







