Pour inciter la population à diminuer sa consommation de sel, les autorités sanitaires doivent déployer des programmes de réduction qui rassemblent tous les acteurs, des fabricants aux consommateurs.
Selon une étude parue dans la revue Cochrane Library, l'efficacité des initiatives visant à réduire la consommation de sel dépend d'une approche intégrant l'ensemble de la société. Celles-ci doivent toucher non seulement l'industrie alimentaire, pour qu'elle adapte ses produits, mais aussi le public, afin de favoriser de meilleures habitudes alimentaires.
L'excès de sel est un facteur de risque majeur pour des maladies telles que l'hypertension, les maladies cardiaques, et les accidents vasculaires cérébraux. Actuellement, la plupart des pays souffrent d'une trop grande consommation de sodium, ce qui constitue à la fois un fardeau économique et un défi sanitaire.
Un certain nombre d'États à travers le monde ont mis en place des stratégies pour réduire le sodium consommé. Cependant, à ce jour, peu d'études scientifiques ont évalué l'impact de ces initiatives.
Des programmes de réduction intégrés et collaboratifs
Les chercheurs du Cochrane Public Health Group aux États-Unis ont entrepris une méta-analyse de 881 études portant sur les méthodes adoptées par les gouvernements pour réduire la consommation de sel. Ils ont pu identifier 15 initiatives nationales, impliquant environ 260 000 participants, dont 10 étaient suffisamment solides, regroupant 64 798 participants. Voici ce qu'ils ont découvert :
- Cinq études ont enregistré une réduction de la consommation quotidienne de sel allant de 1,15 grammes (Finlande) à 0,35 grammes (Irlande).
- En revanche, deux initiatives ont conduit à une augmentation de la consommation, avec des résultats négatifs observés au Canada (+1,66) et en Suisse (+0,80 grammes).
La majorité des programmes n'ont pas affiché de changements statistiquement significatifs dans la consommation de sel.
Les experts ont également souligné que parmi les initiatives intégrant plusieurs étapes allant de la production à la distribution, quatre sur sept ont montré une diminution significative de la consommation de sel. Il est crucial que les futures initiatives comprennent des mécanismes d'évaluation plus efficaces pour mieux appréhender les variations d'impact.
« Les interventions ciblant la population générale en vue de réduire le sodium peuvent avoir un impact important, à condition d'impliquer toutes les étapes de la chaîne alimentaire. Toutefois, la diversité des résultats entre les études actuelles souligne la nécessité de recherches supplémentaires et de meilleures évaluations post-initiative en santé publique », concluent les auteurs de l'étude.







