Un an après sa première condamnation, l'ex-président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), Dominique Boutonnat, se retrouve de nouveau devant la justice. Lors de l'audience à la Cour d'appel de Versailles, le parquet a requis trois ans de prison, dont un ferme, pour des faits d'agression sexuelle envers son filleul.
L'avocate générale a mis en avant la "posture de déni" adoptée par M. Boutonnat durant le procès. Bien qu'il ait été l'un des hommes clés du cinéma français, Boutonnat nie fermement les accusations, même s'il admet difficilement la "souffrance réelle" de son filleul.
Les événements concernés remontent à août 2020, lors de vacances en Grèce. Le jeune homme, alors âgé de 20 ans, accuse Boutonnat de comportements inappropriés, notamment des tentatives de masturbation après une baignade en piscine. Il soutient avoir été contraint d'agir pour mettre fin aux attouchements.
Boutonnat, de son côté, affirme avoir pris des photos du jeune homme nu à la sortie de la piscine, mais assure que cela était destiné à capturer le paysage. Quant aux baisers échangés, il les qualifie de consentis et initiés par son filleul. Il a même précisé qu'une tentative de rapprochement le lendemain visait à clarifier la situation, déclarant : "Je n'aurais jamais dû me retrouver à moitié nu à m'embrasser avec l'enfant de mes meilleurs amis."
Enregistré durant une conversation ultérieure, Boutonnat a reconnu avoir commis des actes discutables, bien qu’il continue de les juger comme n'étant pas de nature sexuelle. Son avocate, Delphine Meillet, a insisté sur les ambiguïtés de leur relation, mais le jeune homme a confirmé qu'il ressentait de la pression pour minimiser les événements.
Les réflexions sur cette affaire montrent l'importance du débat autour des violences sexuelles, surtout dans un secteur aussi médiatisé que le cinéma. Les experts s'interrogent sur les répercussions que de tels cas pourraient avoir sur la perception de la responsabilité et de l'empathie dans des relations complexes. La décision finale de la cour est attendue pour le 22 juin, marquant un tournant potentiellement décisif pour l'avenir de Boutonnat et pour l'industrie cinématographique française.







