Georges Pompidou était conscient de sa grave maladie avant de se porter candidat à l'élection présidentielle de 1969, période durant laquelle il a connu des souffrances extrêmes, comme le révèle le journaliste Patrice Duhamel dans son livre Le crépuscule des dieux, publié mardi.
Duhamel, ancien directeur général de France Télévisions, affirme qu'il explore "les derniers mystères" concernant la santé de plusieurs anciens présidents de la Ve République, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac. Il explique : "Dans les derniers temps de leurs mandats, Georges Pompidou et François Mitterrand manquaient de force pour présider et d'audace pour démissionner".
Selon ses recherches, le pays a été dupé par des communications officielles mensongères, laissant les citoyens ignorer que les présidents étaient gravement affaiblis, voire au seuil de la mort. En utilisant le journal personnel du médecin Jean Bernard, jusqu'alors inexploré, Duhamel révèle qu'un diagnostic a confirmé que Pompidou souffrait d'une leucémie lymphoïde chronique, une maladie redoutable, dès octobre 1968, soit seulement huit mois avant son arrivée à l'Élysée.
Le président a, par la suite, appris en décembre 1972 que son état était incurable, subissant une souffrance terrible jusqu'à envisager d'abdiquer, avant de décéder le 2 avril 1974. Dans le même ordre d'idées, François Mitterrand a été diagnostiqué en 1981 avec un cancer métastasé, limitant sa durée de vie entre trois mois et deux ans, mais il a réussi à tenir quatorze ans en exerçant ses fonctions, malgré des douleurs souvent incompatibles avec ses responsabilités.
Duhamel rappelle également que la santé de Charles de Gaulle a été compromise par un anévrisme détecté dès 1955 et qui l’a conduit à sa mort en 1970. De plus, l’accident vasculaire cérébral de Jacques Chirac en 2005 a assombri la fin de sa présidence. Aujourd'hui, l'idée d'un "mensonge d’État" concernant la santé des présidents n'est plus tolérable dans une société moderne avide de transparence, conclut Duhamel.







