Les livreurs à vélo en France vivent des journées harassantes à la limite de l'épuisement. Selon une étude réalisée par Médecins du Monde, ceux qui travaillent pour des plateformes comme Uber, Deliveroo et Stuart, effectuent en moyenne 63 heures par semaine, pour des revenus nets de seulement 1.480 euros par mois.
Les difficultés rencontrées sont nombreuses. Près de 60% des livreurs déclarent avoir subi des discriminations de la part des clients ou des restaurateurs, souvent à cause de leur origine ethnique. De plus, les agressions verbales touchent six livreurs sur dix, tandis qu’un quart d'entre eux témoigne d'agressions physiques. Les travailleurs sans papiers font face à des menaces de chantage et sont parfois contraints de louer des comptes à des tiers, une pratique illégale qui les rend de plus en plus vulnérables.
Stress et épuisement
"Les livreurs sont à 98% des immigrants, 68% n'ont pas de titre de séjour, et 76% ont besoin de louer un compte pour travailler" indique l'ONG. Ce mode de travail, bien que qualifié d'indépendant, engendre une subordination inquiétante qui se traduit par une grande pression et un stress constant.
La majorité des livreurs ressentent une pression intense pour respecter les consignes données par les algorithmes de gestion, de peur d’être déconnectés. Une étude de l'Anses en mars 2025 précise également que ce mode de management augmente les risques sanitaires. Des douleurs chroniques aux muscles, des problèmes urinaires dus à un manque de pauses, ainsi que des troubles mentaux tels que l'anxiété et la dépression sont fréquemment rapportés.
Un rapport alarmant fait état d'accidents chez plus de la moitié des livreurs sondés, 78% d'entre eux ayant subi des blessures. Cependant, seulement 68% bénéficient d'une couverture santé, et beaucoup renoncent aux soins à cause de leur statut précaire. L'ONG souligne que trop de livreurs choisissent d'ignorer les problèmes de santé en raison de leurs incertitudes administratives et de la précarité financière.
Face à cette crise, l'Union Européenne a récemment approuvé une directive visant à requalifier en tant que salariés environ 5 millions de travailleurs considérés comme indépendants. Les pays membres ont deux ans pour intégrer cette mesure dans leurs législations.







