La filière française du foie gras se tourne vers le président Emmanuel Macron, lui demandant de porter l'importance de ce secteur durant sa visite au Japon, un des marchés clés pour le foie gras français, qui a malheureusement suspendu ses importations en 2023 suite à la crise de la grippe aviaire.
En effet, le Japon, qui représentait environ 6% des exportations de foie gras hors Union européenne, soit environ 540 tonnes, est devenu un marché stratégique pour la production française, surtout dans la restauration gastronomique. Fabien Chevalier, président du Comité Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras (Cifog), a souligné l'urgence de la situation : "C'est notre principal marché à l'export, c'est celui qu'il faut qu'on retrouve". Ce message a donc été clairement transmis à Macron juste avant son départ pour Tokyo.
Depuis les récents épisodes de grippe aviaire, la filière a subi un coup dur : plus de 32 millions de volailles ont dû être euthanasiées depuis 2021. Pour contrer cette situation, le gouvernement français a instauré une vaccination obligatoire dans les exploitations comprenant plus de 250 canards. Cependant, cette mesure a conduit le Japon à reconsidérer son statut d'importateur, craignant que le virus persiste dans les élevages, entraînant ainsi la suspension des importations.
Ce retournement a provoqué un recul notable des exportations vers le Japon, qui représentait naguère un marché d'environ 6% des ventes de foie gras hors UE. En 2023, cette part ne dépassait plus les 3%, marquant une chute alarmante pour les producteurs français.
Malgré ces défis, la production de foie gras en France a atteint 14,500 tonnes, en hausse par rapport à 14,000 en 2024. Cependant, ce chiffre reste en deçà des niveaux d'avant la crise de la grippe aviaire. Les professionnels espèrent donc une intervention rapide du gouvernement afin de restaurer ce marché clé avant qu'il ne soit trop tard.
À noter que le foie gras, bien qu'étant une spécialité gastronomique française prisée, est régulièrement sujet à des controverses éthiques, certains pays considérant la pratique du gavage comme cruelle. Cela pourrait également influencer les décisions d'importation des nations, dont le Japon, qui se veut vigilant sur les normes de bien-être animal.







