Lundi, les Bourses mondiales ont affiché des résultats variés, les marchés européens valorisant des opportunités d'achat, tandis que Wall Street a été affecté par des préoccupations croissantes liées à la situation géopolitique au Moyen-Orient.
En Europe, les principaux indices boursiers ont rebondi après des pertes de la semaine précédente, Londres enregistrant une hausse de 1,43%, Francfort 1,18%, Milan 1,02% et Paris 0,92%.
Eric Bleines, directeur de la Gestion Actions chez SwissLife, a exprimé que "certains investisseurs profitent d'actions ayant baissé de 20 à 25%. Ils cherchent des opportunités de marché intéressantes".
Les secteurs énergétiques ont particulièrement soutenu cette dynamique, comme le montre l'évolution des actions de TotalEnergies (+3,20%), ENI (+2,38%) et BP (+2,23%).
À Wall Street, après un début de journée optimiste, le Nasdaq a chuté de 0,73% et le S&P 500 a baissé de 0,39%. Le Dow Jones a limité sa baisse à 0,11%.
Les marchés ont réagi à des déclarations récentes du président américain, selon lesquelles les États-Unis seraient en pourparlers avec "un régime nouveau et raisonnable" pour réduire les tensions avec l'Iran. Cependant, Donald Trump a également lancé des menaces envers l'Iran, promettant de détruire l'île de Kharg, un site pétrolier stratégique, si les dialogues n'aboutissent pas rapidement.
"Wall Street a appris à ne pas tout prendre au pied de la lettre", a déclaré Sam Stovall, analyste chez CFRA, en soulignant que les craintes géopolitiques continuent de peser sur le marché.
Christopher Dembik, analyste chez Pictet, indique que "seules des nouvelles rassurantes concernant le conflit en Iran pourraient influencer significativement les marchés à court terme".
Les prix du pétrole sont restés sous pression, reflétant l’impact continu du conflit au Moyen-Orient sur l'approvisionnement énergétique mondial. Le baril de Brent a légèrement progressé de 0,19%, atteignant 112,78 dollars, tandis que le West Texas Intermediate a augmenté de 3,25% pour clôturer à 102,88 dollars, franchissant ainsi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis le début de la guerre.
Une récente analyse de Stefan Koopman, analyste chez ING, prédit qu'une prise de contrôle de l'île de Kharg pourrait restreindre les capacités d'exportation de l'Iran, ce qui pourrait avoir un impact significatif sur les prix mondiaux du pétrole.
En ce qui concerne les taux obligataires, les marchés ont enregistré une relative détente, malgré des taux d'intérêt qui demeurent élevés face aux anticipations d'inflation. Selon BNP-Paribas, l'inflation en zone euro pourrait atteindre des niveaux inédits depuis l'été 2024, avec des prévisions de 2,6% dès le mois de mars.
Le rendement des obligations françaises à dix ans s'est stabilisé à 3,76%, après avoir atteint 3,83% la semaine précédente. En Allemagne, les taux sont restés au-dessus de 3%, atteignant 3,03%. Ces chiffres illustrent l’impact direct des pressions inflationnistes sur la rentabilité des investissements des créanciers.
Enfin, les investisseurs s'attendent à une politique monétaire plus stricte de la part des banques centrales, impliquant une possible hausse des taux directeurs pour contrecarrer l'inflation, ce qui pourrait affecter le coût de la dette des États.







