François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a affirmé que la France n'était "pas en économie de guerre", même s'il reconnait une attention accrue de la Banque Centrale Européenne (BCE) aux facteurs géostratégiques, notamment dans le contexte mondial actuel.
"Nous devons faire face à une hausse des dépenses de défense, ce qui est très différent d'une économie de guerre," a-t-il déclaré lors du Forum de Paris pour la Défense et la Stratégie. Il a précisé que selon sa définition, deux conditions doivent être réunies pour parler d'économie de guerre. Premièrement, il doit y avoir un "basculement de l'appareil productif vers les industries d'armement", et deuxièmement, un "financement non orthodoxe de ces dépenses militaires", c'est-à-dire l'usage intensif de la création monétaire.
"Quand on voit la situation en Russie et en Ukraine, eux remplissent un de ces critères, pas nécessairement le second", a observé le gouverneur.
Une écoute renforcée de la géopolitique
Villeroy de Galhau a également souligné que la BCE s'entoure de plus en plus d'experts en géopolitique. "Nous sommes en phase d'écoute active. Au cours des six derniers mois, deux séminaires avec des spécialistes en géopolitique et défense ont déjà eu lieu, où nous avons discuté en groupe au sein du conseil des gouverneurs", a-t-il ajouté.
Il a précisé que cela représentait un changement significatif dans sa manière d'exercer sa fonction : "Cela fait onze ans que je fais ce métier. Dans les dix premières années, nous ne faisions pas cela. Cela montre l'importance de bien analyser notre environnement", a-t-il mentionné.
Une réunion prévue pour jeudi après-midi au siège de Matignon vise à dresser un "bilan clair des trois années d'économie de guerre" engagées par la France. La réunion avait initialement été fixée au 16 mars avant d'être reportée. Le Premier ministre souhaite souligner les "progrès réalisés" tout en notant que l'effort doit être amplifié face à l'évolution rapide de la situation internationale.
Cette rencontre permettra également d'évaluer la capacité des industriels à satisfaire les commandes additionnelles, comme stipulé dans la loi de programmation militaire qui est attendue au printemps prochain.







