Avec une force impressionnante, Bad Bunny redéfinit la manière d'aborder la question climatique. Alors que les enjeux liés au climat sont souvent éclipsés lors des élections municipales en France, le rappeur portoricain parvient à positionner le réchauffement de la planète comme un sujet central. Sa performance lors de la mi-temps du Super Bowl en février dernier a captivé 100 millions de téléspectateurs, avec plus de 128 millions de vues sur YouTube.

En utilisant des éléments visuels puissants, comme des poteaux électriques en état de délabrement, Bad Bunny met en avant “la précarité du réseau électrique de Porto Rico, souvent touché par des ouragans”, comme le note Inside Climate News. Selon eux, présenter “l’expérience vécue des effets du changement climatique” est bien plus efficace qu’un discours polarisant sur la science climatique. Un expert en marketing a également affirmé que ce show a “probablement incité les spectateurs à se renseigner sur les enjeux d’électricité liés au climat” dans cette île caribéenne.

À Paris, l’impact des artistes pourrait inspirer les décideurs politiques. Pendant le second tour des municipales, Emmanuel Grégoire a été aperçu sur son Vélib’, une image qui symbolise une évolution des mobilités. Validée par le vote, la politique d’Anne Hidalgo a été largement soulignée dans la presse internationale. “À Paris, le vélo a surpassé la voiture : les résultats de l’élection de dimanche peuvent se résumer ainsi”, a noté le journal suédois Dagens Nyheter. Avec plus de “1 500 kilomètres de pistes cyclables, Paris devance même Amsterdam”, a souligné The Economist, alors que le Financial Times mentionne une réduction de plus de moitié du trafic automobile entre 2002 et 2023.

Les médias internationaux font l’éloge de la politique cyclable de Paris, tout en kritikant la dureté de cette campagne. Partout dans le monde, les polémiques rendent le débat sur les mesures d’adaptation plus flou. Un “narratif de droite” soutient l'“idée fausse” selon laquelle la majorité des Britanniques s'opposerait à la neutralité carbone, a remarqué The Guardian dans une étude de l'Institute for Public Policy Research qui révèle que la couverture médiatique des politiques zéro émission au Royaume-Uni est “deux fois plus négative” que l'opinion publique réelle. Ceci peut conduire les élus à “minimiser le soutien du public aux mesures climatiques”.

Des enquêtes, tant au Royaume-Uni qu'ailleurs, montrent pourtant un large soutien à la cause climatique. Une étude d'Ipsos-Cesi d'avril 2025 révèle que 75 % des Français s'inquiètent des effets du changement climatique. De même, aux États-Unis, une enquête montre qu'64 % des Américains se considèrent “assez inquiets” concernant le réchauffement climatique. Cette préoccupation est peut-être exacerbée par le discours climatosceptique du président américain.

Bien que la méthode de Bad Bunny ne puisse servir de modèle universel, l'enseignement tiré par Inside Climate News s'avère précieux : il est essentiel de discuter du climat d'une manière qui unit plutôt que divise. Mettre l'accent sur des mesures concrètes et résoudre les vrais débats plutôt que de s'attarder sur des questions superficielles pourrait devenir la clé d'une transition politique réussie.