Sept ans après l'établissement des droits voisins, la presse française continue de se débattre pour obtenir une rémunération proportionnelle à l'utilisation de ses contenus par les géants numériques. En réponse à cette problématique persistante, une proposition de loi est actuellement examinée par les députés, visant à contraindre les plateformes à mieux rémunérer les éditeurs de presse.
La situation actuelle est délicate. Comme le souligne le député Erwan Balanant, porteur du texte et élu du Finistère, « les accords entre éditeurs de presse et plateformes restent insuffisants ». En effet, les éditeurs peinent souvent à rassembler les informations nécessaires pour fixer un montant juste en l'absence de coopération de la part des plateformes. Certains refusent tout simplement d'entrer en négociation. Ce constat alarmant a conduit à l'élaboration de cette nouvelle législation.
Un risque grandissant pour l'information démocratique
Erwan Balanant alerte sur les dangers d’une rémunération inappropriée, soulignant que « le pillage des plateformes numériques constitue un risque d’effondrement de l’information », menaçant ainsi notre démocratie. La proposition de loi vise à renforcer l'efficacité des droits voisins, institués par une directive européenne en 2019, qui offraient déjà un cadre de protection pour les contenus de presse.
Le texte stipule que les plateformes doivent fournir aux éditeurs toutes les données relatives à l'utilisation de leurs contenus, afin d'établir une négociation équitable. Si ces informations ne sont pas fournies dans un délai d'un mois, les éditeurs peuvent alors saisir l'Arcom, l'autorité française régulant les communications audiovisuelles et numériques.
Des mesures strictes en cas de non-conformité
Si la plateforme ne respecte pas cette demande, l'Arcom est en mesure d'imposer des sanctions, allant jusqu'à 1 % de son chiffre d'affaires. En cas de désaccord persistant après un délai de trois mois, l'instance peut également jouer un rôle d'arbitre, tranchant entre les propositions des deux parties ou fixant elle-même le montant à verser.
Un amendement proposé par la députée Sophie Taillé-Polian (Génération.s) vise également à garantir une meilleure redistribution des droits voisins. Selon les nouvelles dispositions, les organisations de journalistes seraient informées des montants reversés aux médias, et au moins 25% de ces rémunérations devraient leur être alloués. Cependant, Erwan Balanant défend un amendement pour supprimer ce seuil, le jugeant contraire à la nature même des négociations entre éditeurs et journalistes.
Cette proposition de loi sera discutée lors de la journée parlementaire du groupe MoDem, une occasion cruciale pour aborder l'avenir de la presse en France et la nécessité de protéger son intégrité dans le paysage numérique actuel.







