Cuba a de nouveau été frappée par une panne d'électricité massive, la deuxième en l'espace d'une semaine, comme l'a rapporté le ministère de l'Énergie. Ce nouveau coup dur touche un pays déjà affaibli par un embargo pétrolier américain de longue date.
Dans une annonce sur le réseau social X, le ministère a précisé : "Le réseau électrique national a subi une panne totale. Les équipes sont déployées pour restaurer le service le plus rapidement possible." La panne a eu lieu aux alentours de 18h45 locales (22h45 GMT) et marque la septième coupure importante en 18 mois.
Découlant d’un arrêt de la centrale thermique de Nuevita, l’événement a eu un impact en chaîne sur d'autres installations en service, entraînant ainsi la déconnexion du réseau entier. Actuellement, Cuba s'appuie sur un parc de vieilles centrales thermiques, dont certaines dépassent les 40 ans, lesquelles sont sujettes à des défaillances fréquentes et nécessitent des maintenances régulières.
La combinaison des pannes et de l'interruption des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de l'île, exacerbe la crise. Alors que la population de 9,6 millions d'habitants a déjà subie une panne de plus de 24 heures les 16 et 17 mars, les coupures d'électricité se sont normalisées et font désormais partie du quotidien.
Ce nouvel incident survient en même temps qu'une aide internationale commence à affluer à La Havane, apportant de la nourriture, des fournitures médicales et même des panneaux solaires, ce qui donne un peu d'espoir en ces temps sombres.
- "Insupportable" -
Les habitants, comme Ofelia Oliva, 64 ans, expriment leur désespoir. "C'est devenu insupportable. Cela fait moins d'une semaine que nous avons vécu une situation similaire et nous sommes à bout", confie-t-elle. Nilo López, un chauffeur de taxi de 36 ans, partage son inquiétude : "Je crainds que notre vie entière soit ainsi, c'est ingérable."
Le gouvernement cubain blâme les sanctions américaines pour les difficultés à réparer son infrastructure électrique mise à mal, alors que plusieurs économistes pointent un sous-investissement chronique de l'État dans ce secteur. De plus, les récentes sanctions imposées par l'administration Trump compliquent encore la situation, menaçant ceux qui envisageraient d'envoyer du pétrole à Cuba.
En réponse, La Havane accuse Washington de vouloir "asphyxier" l'économie locale. Les coupures prolongées d'électricité, combinées à des pénuries alimentaires et médicales, continuent d'attiser la colère des habitants, renforçant leur frustration. Il y a seulement une semaine, des protestations avaient eu lieu dans une ville du centre du pays, où un groupe de manifestants s'était heurté au siège du Parti communiste.







