Les membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont donné le coup d'envoi à la mise à disposition d'un total impressionnant de 426 millions de barils de pétrole, majoritairement du brut, conformément à une annonce faite mi-mars. Ce débloquement est une réaction directe à la flambée des prix exacerbée par la guerre au Moyen-Orient.
La mise à disposition de ces stocks a été confirmée par l'AIE dans un communiqué, soulignant que les libérations se concentreront particulièrement sur des produits raffinés pour l'Europe. Dans un contexte de tensions croissantes, cette mesure vise à stabiliser les marchés pétroliers en proie à des fluctuations importantes.
La décision de l'AIE survient après des incidents significatifs dans la région du Golfe. En effet, plusieurs infrastructures pétrolières ont été menacées, dont deux raffineries au Koweït incendiées suite à une attaque de drones. En parallèle, l'attaques iraniennes sur le site de Ras Laffan, au Qatar, ont causé des dégâts majeurs, ainsi que des interruptions notables dans la chaîne d'approvisionnement des gaz liquéfiés, touchant jusqu'à 17% de la capacité d'exportation du pays, selon des récents rapports d'experts.
Le baril de Brent, référence des marchés mondiaux, évoluait autour de 110 dollars, tandis que le prix du gaz en Europe a augmenté de 13% en une journée. Ce climat troublé rappelant la volatilité du marché de l'énergie prouve la nécessité impérieuse de disposer de réserves stratégiques pour faire face à d'éventuels chocs.
Une décision rare
Fondée en 1974 après le choc pétrolier, l'AIE regroupe aujourd'hui 32 pays, incluant de nombreuses nations européennes ainsi que les États-Unis, le Canada, l'Australie, la Corée du Sud et le Japon. Ces États sont tenus de conserver des stocks de pétrole permettant une réponse rapide et collective face aux crises énergétiques. Pour chaque membre de l'AIE, ces réserves doivent représenter au moins 90 jours d'importations nettes, garantissant un filet de sécurité face aux imprévus du marché. Les patriotes de cette initiative ont été utilisés lors de rares occasions, telles que la guerre du Golfe en 1991 et lors des ouragans Katrina et Rita en 2005, attestant de l'importance d'une approche coordonnée pour faire face aux crises énergétiques.







