Le parquet espagnol anticorruption a requis 173 années de prison contre Francisco González, ex-président de la grande banque BBVA, accusé d'avoir fait espionner des hommes politiques et des dirigeants d'entreprise pendant plus d'une décennie. Cette affaire a été révélée par des sources judiciaires, mettant en lumière un ancien policier, José Manuel Villarejo, suspecté d'avoir joué un rôle clé dans ce scandale.
Villarejo est déjà impliqué dans plusieurs autres affaires en Espagne, comme l'indiquent les enregistrements saisis lors de son arrestation en 2017. Peu après, le sujet a pris une ampleur nationale, touchant les plus hautes sphères politiques et économiques du pays.
Un espionnage de grande envergure
Ce dossier concerne directement Francisco González, qui a dirigé BBVA de 2000 à 2018. Selon les accusations, il aurait organisé l'écoute de conversations de divers acteurs politiques et économiques. La procureure espagnole demande cinq ans de détention pour un délit de corruption active, en plus de 168 années pour 42 délits de divulgation de secrets. Ainsi, même si le code pénal espagnol prévoit une peine maximale de 40 ans dans les cas les plus graves, la sévérité des accusations laisse peu de doute sur l'importance de cette affaire.
Plusieurs autres individus, dont Villarejo, sont également impliqués, le parquet réclamant 174 années de peine pour l'ex-policier, ainsi qu'une amende dépassant les 184 millions d'euros à l'encontre de BBVA, devenu le deuxième acteur bancaire d'Espagne.
En février, la justice a rejeté tous les recours des avocats des accusés, permettant ainsi la tenue d'un procès dont la date reste à déterminer. Cette série d'événements renforce l'idée que la transparence est plus que jamais nécessaire dans les affaires publiques.
Il est bon de rappeler que José Manuel Villarejo a déjà été condamné à 19 ans de prison dans une autre affaire, accusé d'avoir enregistré des personnalités sans leur consentement et d'avoir mené des campagnes de dénigrement pour le compte de clients influents. L'ensemble de ces scandales, appelés "les égouts de l'État" par certains médias, met en lumière les failles dans la gouvernance et l'éthique des pratiques au sein des institutions.







