Un tournant protectionniste s'impose sur la scène mondiale : l'acier fait désormais l'objet de surtaxes considérables. Suite à l'augmentation des droits de douane de l'Union européenne, qui sont passés de 25 % à 50 % en octobre, le gouvernement britannique a choisi d'aligner ses mesures. À l'époque, le Royaume-Uni avait décrit ces nouvelles taxes comme une 'menace existentielle' car 80 % de ses exportations d'acier sont destinées à l'Europe.
Pour protéger son secteur sidérurgique, considéré crucial pour les infrastructures et la défense nationale, Londres prévoit de réduire ses quotas d'importations. À partir du 1er juillet 2026, les quotas seront diminués de 60 % au-delà desquels des droits de douane s'appliqueront, un retour à des mesures de protectionnisme qui évoque les politiques mises en place par Donald Trump.
Une production faible, mais 40.000 emplois à protéger
Pour accompagner ces changements, le gouvernement britannique a prévu d'investir 2,5 milliards de livres en soutien à l'industrie jusqu'en 2029. En 2025, il a déjà procédé à la nationalisation de British Steel, le dernier fabricant à avoir des hauts-fourneaux actifs au pays, par crainte de fermeture.
"Si aucune action n'est entreprise, nos capacités de production d'acier seront réellement menacées, nous rendant dépendants de l'importation de matériaux essentiels à notre sécurité énergétique, notre défense, et nos infrastructures de transport", indique le communiqué officiel.
Bien que la production d'acier au Royaume-Uni soit faible (5,6 millions de tonnes en 2023), le secteur constitue un vivier d'emplois pour 40.000 travailleurs. Comme l'explique un rapport du site BFM TV, l'industrie souffre également d'une surcapacité mondiale, principalement imputable à la Chine. Les droits de douane imposés par les États-Unis sous l'administration Trump ne font qu'aggraver ce défi.







