"Elles sont ingénieuses et déterminées à apprendre" : en Ukraine, le programme Women in drones donne aux femmes l'opportunité de se former à la fabrication de drones, essentiels pour lutter contre les attaques russes.
"C'est un véritable parcours de formation. Nous enseignons aux femmes comment assembler des drones et promouvons une culture technologique où chacune peut se sentir en confiance", explique Daria, responsable de Women in drones, lors du salon JEC World à Villepinte, en France.
Ancienne traductrice, Daria a lancé ce projet en 2024 avec un financement spécifique, choisissant de garder son identité confidentielle en raison de la sensibilité de son travail. Dans le contexte du conflit actuel, le secteur de la production de drones est hautement sécurisé, ciblé par les forces russes.
Avec 150 participantes issues de parcours variés, incluant des spécialistes des TI, des journalistes ou encore des comptables, Women in drones a formé et placé ces femmes au sein d'entreprises collaboratrices, bien que la plupart d’entre elles ne puissent être divulguées pour respecter des accords de confidentialité.
"C'est incroyable de voir leur engagement et leurs succès", confie Daria, enthousiaste pour l’avenir de ces femmes.
- Rapidité contre excellence -
Initialement, le secteur avait besoin de profils masculins expérimentés en soudure pour la production massive de drones. Cependant, Daria souligne que "les femmes excellent dans le soudage et elles s'engagent pleinement dans la tâche".
Quel type de drones fabriquent-elles ? "Tous types. En fonction de leur structure, ils peuvent être adaptés. Ils incluent des drones de pilotage FPV ou des munitions rôdeuses", précise-t-elle.
Daria explique que les techniques de base qu’elles apprennent sont applicables à presque tout type d’assemblage. Les sessions de formation s'effectuent à Kiev, mais avec l’ambition de proposer des cours en ligne pour attirer davantage de femmes vers les technologies.
Ces formations seront bientôt disponibles dans plusieurs langues, même si aucun pays n’a encore manifesté d’intérêt. Toutefois, la France s'engage à féminiser ses métiers dans l'aérospatial et la défense tout en recherchant une production de drones à grande échelle et à faible coût.
Daria se rend à divers salons de technologie pour explorer des solutions d'automatisation de production et étudier des opportunités de coentreprises.
"Notre développement est fulgurant, les évolutions sur le marché et dans les technologies redéfinissent notre méthode de production", constate-t-elle.
En Ukraine, l’industrie des drones se structuré autour du système Lean, une méthode inspirée par Toyota, axée sur l’optimisation des ressources et l’amélioration continue. Ce modèle contraste avec l’industrie de défense traditionnelle, souvent marquée par des cycles de production longs et des protocoles bureaucratiques, car elle doit s’adapter rapidement aux innovations ennemies.
Daria souligne : "Nous avons déjà mis en place 20 améliorations en quatre ans. Nous disposons d'une rapidité d'exécution et d’un coût de production faible, mais nous accusons un retard face aux standards occidentaux, qui bénéficient d'instituts de recherche avancés et de programmes d'ingénierie reconnus." Elle conclut : "Ces pays ont le temps. Il est crucial que nous trouvions des points d'accord pour avancer."







