La Bourse de Paris a conclu une nouvelle semaine en baisse, achevant vendredi une période particulièrement marquée par l'envolée des prix du pétrole, conséquence directe des conflits qui se poursuivent au Moyen-Orient. Ce climat d'incertitude a également propulsé les taux de la dette française à des niveaux inédits depuis 2011.
Le CAC 40 a enregistré une chute de 72,91 points, soit une perte de 0,91%, clôturant ainsi à 7.911,53 points. Sur l'ensemble de la semaine, l'indice phare parisien a fléchi de 2,92%, tandis que depuis le début du mois, il accuse une baisse cumulée de 7,80%.
Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, souligne que "les investisseurs du monde entier sont actuellement captivés par les nouvelles en provenance de la guerre en Iran, ainsi que leurs conséquences sur le marché de l’énergie". Cette dynamique globale pèse fortement sur le marché parisien, qui subit les retombées des tensions géopolitiques et la flambée des prix des hydrocarbures.
Après un bref repli consécutif à l'annonce de Washington, qui avait suspendu certaines sanctions sur le pétrole russe, les cours du brut ont finalement rebondi en fin de journée. Vers 18h00 (heure de Paris), le Brent s'échangeait à 101,59 dollars le baril, en hausse de 1,12%, tandis que le WTI progressait de 1,13% pour atteindre 96,81 dollars le baril.
Andrea Tueni, responsable des activités marchés chez Saxo Bank, remarque que "la situation est tendue, et ceux qui espéraient un conflit de courte durée réalisent que cela ne sera pas le cas". L'inquiétude s'accroît, notamment après les déclarations de Donald Trump, annonçant son intention de frapper durement l'Iran "la semaine prochaine", prolongeant ainsi les craintes d'une durée prolongée des hostilités.
- Une hausse des taux inédite depuis 2011 -
L'inquiétude croissante vis-à-vis d'une inflation galopante, particulièrement préoccupante pour une Europe dépendante de ses importations d'hydrocarbures, a conduit à une augmentation significative des taux d’intérêt des obligations sur le continent. Une inflation à la hausse diminue la valeur réelle des remboursements des emprunteurs, poussant les créanciers à exiger des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Le taux de l'emprunt français à 10 ans a grimpé à 3,67%, contre 3,62% la veille, atteignant des niveaux pas vus depuis 2011. Avant l'éclatement du conflit en Iran, il valait autour de 3,20%.
De son côté, l'équivalent allemand, considéré comme un baromètre en Europe, a atteint 2,97%, contre 2,95% la veille, un seuil maximal depuis 2023.
- LVMH en baisse -
Enfin, le géant du luxe LVMH a subi une chute de 4,30% à 473,70 euros, suite à un abaissement de l'objectif de cours par les analystes de Morgan Stanley, désormais fixé à 565,00 euros, contre 635,00 euros auparavant, en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient.







