La crise du secteur immobilier en Chine s'est institutionnalisée. Après un boum immobilier durant quatre décennies, la demande de logements neufs est tombée, provoquant la faillite d'entreprises comme Evergrande. Ce promoteur, autrefois leader, a été liquidé par un tribunal de Hong Kong en janvier 2024 et a été radié de la Bourse en août 2025.
Le 16 février, un tribunal de Hong Kong a rejeté la demande de liquidation de Country Garden, une autre société en difficulté, ayant déclaré un passif de 885,4 milliards de yuans (environ 108 milliards d'euros) en juin 2025.
Les problèmes rencontrés par d'autres grands promoteurs, comme Kaisa ou China Vanke, soulignent la gravité de la situation. Vanke, ancien leader dans la construction de maisons individuelles, a obtenu un report de remboursement sur 135 milliards d'euros de dettes en janvier 2026.
Les prix continuent de reculer
Cette crise est le résultat d'une paralysie du marché immobilier qui dure depuis cinq ans. Le secteur aurait représenté jusqu'à 30% du PIB chinois dans les années 2010, en incluant les industries liées à la construction et aux matériaux. Le point de départ de ce déclin a coïncidé avec l'arrêt économique pendant la pandémie de Covid-19 et l'échec du modèle des « pré-ventes ».

En 2026, une analyse du Bureau national des statistiques a révélé que 62 des 70 villes examinées avaient observé une diminution des prix immobiliers. Selon des données récentes, les prix des logements neufs ont chuté de 3,1% sur une base annuelle, le recul le plus significatif en sept mois, comme l'indique Reuters.
Un recul de la valeur du patrimoine des ménages
Malgré des efforts du gouvernement pour revitaliser le secteur, comme un assouplissement des modalités d'achat et le soutien ciblé pour certains promoteurs, la crise persiste. S&P Global Ratings prévoit que la baisse des ventes immobilières pourrait atteindre 14% en 2026. Cette situation a également des répercussions sur le patrimoine des ménages chinois : l'immobilier représente 78% de leurs actifs, un chiffre largement supérieur à celui des États-Unis et de la zone euro.
"La part du revenu disponible des ménages urbains consacrée au logement est passée de 5% en 1990 à 24% en 2021", souligne une note de la Direction générale du Trésor.
Avec une grande partie de la population propriétaire, la chute prolongée des prix affecte la consommation intérieure, qui peine à retrouver un élan post-Covid. En dépit d'un PIB en croissance de 5% en 2025, l'export reste le principal moteur, alors que les prospects internes demeurent incertains.
Au cours de la dernière Conférence centrale sur le travail économique, les dirigeants chinois ont affirmé qu'un des objectifs était de placer la demande intérieure au cœur de la croissance, avec des mesures ciblées pour chaque ville pour stabiliser l'offre immobilière.







