Une nouvelle audience s'est tenue ce jeudi 19 février au conseil des prud'hommes d'Amiens (Somme) où d'anciens salariés d'Ynsect revendiquent l'accès à des documents comptables essentiels pour comprendre leurs licenciements et l'utilisation des fonds publics. Malheureusement, le liquidateur judiciaire continue de faire la sourde oreille. La décision sera rendue le 12 mars.
Lors de cette audience, les ex-employés espèrent obtenir des réponses sur la faillite d'Ynsect, une entreprise prometteuse spécialisée dans la production de protéines à partir d'insectes, qui avait suscité de grands espoirs. La société, qui disposait d'une importante usine à Poulainville, avait bénéficié de près de 148 millions d'euros de financements publics, un fait souligné par des élus et des experts, y compris Nicolas Dufourcq, directeur de Bpifrance.
Une quête de vérité sur la gestion de l'entreprise
Me Fiodor Rilov, avocat des ex-salariés, a exprimé sa préoccupation quant à la gestion et aux raisons des licenciements, estimant que les décisions récentes étaient entachées d'un flou inquiétant. "Nous avons besoin de la comptabilité, en particulier des comptes des années 2024 et 2025, pour établir la légitimité de ces licenciements. Les fonds publics ont été largement investis dans une société qui semble avoir connu des difficultés pour justifier son chiffre d'affaires, plafonné à trois millions d'euros," a-t-il fait valoir.
Il a aussi mis en avant le sentiment croissant d'injustice parmi les anciens employés qui ont perdu leur emploi dans la tourmente de la liquidation judiciaire. "Il pourrait y avoir des motifs de condamnation pour mauvaise gestion, voire des détournements de fonds, mais cela reste à prouver," a-t-il souligné.
Un débat juridique complexe
Me Élodie Robert, représentant le liquidateur, a soutenu que le conseil des prud'hommes n'était pas compétent pour trancher cette affaire, arguant que la plupart des documents requis avaient déjà été fournis lors de procédures antérieures. "Il n'y a pas de raison valable pour que cette audience ait lieu," a-t-elle affirmé, demandant le rejet de la demande des anciens salariés.
Toutefois, Me Rilov n'a pas tardé à contesté ces propos avec véhémence. "Cet argument vise uniquement à inverser la charge de la preuve, alors que nous avons besoin de ces documents pour prouver notre position. C'est une question de transparence," a-t-il insisté.
La complexité de l'affaire et les enjeux soulevés pourraient avoir des ramifications bien au-delà des seuls couloirs des prud'hommes d'Amiens. Les décideurs doivent agir rapidement pour restaurer la confiance des parties prenantes dans cette affaire controversée, au cœur des tensions autour de l'utilisation des financements publics dans le secteur des start-ups innovantes.
La décision rendue le 12 mars sera cruciale pour le destin des anciens salariés d'Ynsect, qui continuent à battre le pavé pour obtenir des réponses qu'ils jugent légitimes.







