Mercredi, pendant que des températures glaciales frappaient la région, des agriculteurs déterminés ont dressé de nombreux barrages autour de Toulouse pour protester contre les politiques agricoles en place. Armés de tracteurs, de fumier et de bottes de paille, ces agriculteurs bravent les interdictions de manifester dans un contexte où les menaces sur la production agricoles se multiplient, notamment avec l'épidémie de dermatose bovine et la flambée des coûts des intrants.
Avec la mise en place d'un nouvel accord commercial entre l'Union Européenne et le Mercosur prévue pour le 12 janvier, les agriculteurs exprimant leur mécontentement affirment qu'ils n'hésiteront pas à intensifier les actions tant que leurs demandes ne sont pas entendues. Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et membre de la Coordination rurale (CR), a déclaré à l'AFP : "Tant qu'on n'aura pas de réponses, nous continuerons à faire pression sur Paris et Bruxelles".
A la veille d'un rassemblement des ministres de l'Agriculture à Bruxelles, un convoi de dizaines de tracteurs a quitté le Sud-Ouest pour rejoindre Paris. Certains agriculteurs ont même ignoré les barrages de la gendarmerie, provoquant des incidents avec les forces de l'ordre, témoignant de la détermination et du désespoir grandissant parmi les acteurs du secteur.
Bertrand Venteau, président de la CR, a déclaré sur France Inter : "On est très étonnés du déploiement de moyens spectaculaires, car nous avons toujours affirmé que notre manifestation était pacifique". Pierre Solana, un jeune éleveur du Gers, a exprimé : "C'est une guerre d'usure, nous sommes prêts à mener cette lutte pour nous faire entendre".
Malgré des promesses de soutien budgétaire, comme les 45 milliards d'euros pour la future Politique Agricole Commune, les agriculteurs restent sceptiques face à la perspective de l’accord Mercosur. François Ruffin, député ex-LFI, souligne que "aucune somme d'argent ne saura compenser les concessions faites à cet accord qui menace l'agriculture locale".
Les tensions sont exacerbées par des arrêtés préfectoraux interdisant les manifestations, justifiés par des risques de troubles à l'ordre public, comme l'a expliqué Pierre-André Durand, préfet de Haute-Garonne. Eric Massou, de la CR 31, s'est indigné : "C'est une honte, nous avons été bloqués par les gendarmes, alors que nous souhaitions juste établir un barrage filtrant".
Des incidents notables incluent un groupe de manifestants qui a déversé du fumier sur des routes pour bloquer la circulation. La tension continue de monter, rendant le climat propice aux confrontations, alors que les agriculteurs s'inquiètent sérieusement de l'avenir de leur profession. Les organisateurs du Salon de l'agriculture ont également annoncé qu'en raison de la DNC, les bovins seront absents des expositions, soulignant ainsi l'ampleur de la crise agricole actuelle.







