La France a décidé de voter contre l'accord de libre-échange avec le Mercosur lors d'une rencontre cruciale à Bruxelles, prévue pour ce vendredi. Emmanuel Macron a informé Ursula von der Leyen de sa décision alors que les agriculteurs, inquiets pour l'avenir de leur profession, s'étaient mobilisés en masse le jeudi précédent.
Ce revirement a été confirmé après des signes d'incertitude sur la position de la France, envisagée pour une éventuelle abstention. Toutefois, le climat de stress parmi les agriculteurs a semblé peser lourd dans la balance. Selon des sources proches de l'Élysée, l'afflux des manifestations agricoles ce jeudi a quelque peu refroidi l'enthousiasme initial pour l'accord, qui suscite des craintes en matière de compétitivité et de normes environnementales.
Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a déclaré sur Sud Radio : "La parole du gouvernement demeure inchangée. Ce traité est pour l'heure inacceptable.” De même, la porte-parole Maud Brégeon a souligné la nécessité de conditions spécifiques telles que des clauses de sauvegarde et le renforcement des contrôles. Ces exigences ont longtemps été au cœur des préoccupations françaises, alors que d'autres États membres, tels que l'Irlande, la Pologne et la Hongrie, expriment également leurs réserves.
La mobilisation des agriculteurs, avec plus de 600 manifestants envahissant Paris et perturbant les activités au pied de l’Assemblée nationale, a créé une pression supplémentaire sur le gouvernement. Les syndicats, dont la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, planifient déjà une nouvelle manifestation à Strasbourg le 20 janvier si le traité venait à se concrétiser.
Des experts comme François Guérin, économiste et spécialiste des échanges internationaux, estiment que ce vote pourrait avoir des répercussions significatives sur les relations commerciales de l'UE avec l'Amérique du Sud. “La France doit défendre ses agriculteurs, mais cela pourrait aussi isoler l'Europe sur la scène internationale”, dit-il.
Les discussions autour de l'accord Mercosur continuent de diviser les opinions en Europe, et la résistance française pourrait préfigurer d'autres débats au sein de l'UE dans les mois à venir. Alors que les tensions persistent, la signature définitive du Mercosur semble encore incertaine, reflétant une dynamique complexe où les enjeux économiques et environnementaux sont en perpétuelle opposition.







