Alors que le traité New Start, dernier accord de maîtrise des armements entre les États-Unis et la Russie, approche de son expiration le 5 février, la communauté internationale s'inquiète des conséquences potentielles sur la sécurité mondiale. Signé en 2010 à Prague, ce traité a mis en place des limites strictes sur les arsenaux nucléaires des deux puissances, empêchant ainsi une course aux armements incontrôlée.
En date du 16 janvier 2023, le président Vladimir Poutine a proposé une prolongation d'un an de cet accord, conditionnée à une réponse similaire de Washington. Cette initiative vise à maintenir une certaine « prévisibilité stratégique » face à un contexte international tendu, marqué notamment par la guerre en Ukraine et les rivalités croissantes avec la Chine.
Du côté américain, l'administration de l'époque a accueilli favorablement cette proposition. Andrew Krepinevich, analyste militaire, a souligné que cela pourrait rassurer les alliés inquiets d'une escalade nucléaire. « Accepter cette extension enverrait un message clair que les États-Unis ne laisseront pas le cadre de désarmement s'effondrer sans réagir », a-t-il déclaré.
Cependant, cette décision serait risquée. Certains experts, comme Marc Garlasco, estiment que cela pourrait bénéficier à la Russie, qui aurait enfreint certaines clauses du traité. De plus, une acceptation tacite de l'extension pourrait retarder une réévaluation nécessaire des menaces, surtout face à l'expansion rapide de l'arsenal nucléaire chinois, qui devrait dépasser les 1 000 ogives d'ici 2030, selon le rapport du Pentagone.
Dans ce climat incertain, plusieurs scénarios se dessinent. Une option pourrait être de maintenir les limites actuelles sans mécanismes de vérification formels, ce qui comporterait un risque accru de malentendus. Une autre possibilité plus alarmante est une absence totale de règles, permettant aux deux nations d'augmenter leurs arsenaux sans contraintes légales, exacerbant les tensions existantes.
Pour conclure, la situation appelle à une réflexion sérieuse sur l'avenir des relations nucléaires entre les grandes puissances. Comme le souligne le journal Le Monde, l'absence d'accord pourrait également affecter les budgets militaires, détournant des ressources essentielles pour des besoins sociaux pressants dans de nombreuses économies occidentales.







