Dans un entretien révélateur, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFrap, dresse un constat alarmant concernant l'état économique de la France. Alors que notre pays peine à suivre la cadence de ses voisins européens, il apparaît crucial de ne plus envisager d'augmentations fiscales. Verdier-Molinié critique la cacophonie politique entourant le projet de loi de finances pour 2026, affirmant que les tergiversations du gouvernement risquent de retarder des décisions cruciales.
En effet, elle souligne que bien que la Banque de France projette une croissance modeste d'environ 1 %, cette dynamique ne reflète pas entièrement la réalité de nombreux secteurs souffrants tels que l'immobilier et le commerce. La situation s'est même détériorée dans le secteur agroalimentaire, où la balance commerciale est devenue négative pour la première fois en cinquante ans. En parallèle, le secteur automobile n’a pas encore rerépondu à la crise, malgré quelques attentions de la Commission européenne, qui a décidé de faire marche arrière sur l'interdiction des véhicules thermiques.
Les chiffres sont préoccupants. Au premier semestre 2025, plus de 32 000 entreprises ont été placées en procédure collective, soit une augmentation de 4,5 % par rapport à 2024. Cette tendance inquiète particulièrement les PME, avec 165 sites industriels menacés de fermeture, entraînant plus de 10 000 emplois potentiellement perdus, selon des données fournies par Trendeo. Le manque de mesures favorisant la baisse des dépenses publiques et l'augmentation des impôts sont en grande partie responsables de cette situation, avec un déficit public estimé à 160 milliards d'euros par an.
Verdier-Molinié déplore également le recul sur la réforme des retraites, qui représente un signal négatif pour l'avenir des finances publiques. Elle rappelle que le pays doit impérativement adopter des réformes ambitieuses pour éviter un effondrement financier imminent. « Nous avons proposé des économies documentées à hauteur de 110 milliards d'euros », indique-t-elle, citant des exemples concrets comme un report de l'âge de départ à la retraite et un plafonnement des aides sociales.
La directrice de la Fondation insiste sur le besoin urgent de baisser la masse salariale publique et de revoir les modalités de financement des dépenses sociales, souvent perçues comme hors contrôle. Les citoyens français, dans leur grande majorité, semblent partager ce point de vue : un sondage Odoxa a révélé que 82 % d'entre eux préfèreraient des réductions de dépenses à de nouvelles hausses d'impôts.
Agnès Verdier-Molinié appelle à reconnaître le danger économique et à agir rapidement, tout en préconisant des révisions structurelles tant du côté de l'État que de la sécurité sociale. « Il est essentiel d'aligner nos finances sur celles d'autres pays européens qui ont su redresser leurs économies, comme le Portugal ou l'Espagne », conclut-elle.
À un an des prochaines élections présidentielles, les leçons tirées des deux quinquennats d'Emmanuel Macron indiquent un besoin urgent de réévaluer les priorités économiques de la France. Avant que la crise ne devienne ingérable, il est temps d'engager la réflexion sur l'avenir économique du pays.







