À partir de ce lundi, les médecins libéraux se mobiliseront pour une grève d'une durée de dix jours, une action jugée exceptionnelle dans la profession. En cause, une série de décisions politiques qu'ils estiment compromettre leur liberté d'exercice et un budget pour 2026 jugé insuffisant. Selon Le Monde, cette mobilisation pourrait mettre à rude épreuve le service public hospitalier déjà affaibli.
Les médecins dénoncent un climat de mécontentement face à des politiques de santé publique jugées inadaptées. Des cabinets fermés, des blocs opératoires à l'arrêt et des manifestations sont au programme. Les syndicats médicaux, comme le CSMF et la FMF, ont fait part de leur souhait de voir cette grève massivement suivie, soulignant un profond sentiment d'abandon parmi les praticiens.
Le président du CSMF, Frank Devulder, souligne que « les remontées de terrain sont impressionnantes » et 85 % des syndicalistes prévoient de rejoindre le mouvement. Les étudiants en médecine et les jeunes médecins apportent aussi leur soutien, témoignant de cette unité rare dans la profession. Pour Alexis Bourla, président de Jeunes Médecins Île-de-France, cette situation reflète une crise profonde, affirmant que « les discussions entre médecins tournent uniquement autour de ça ». C'est un signal fort, que France Info décrit également comme sans précédent.
Les inquiétudes se centrent sur la restriction de la liberté d'installation des praticiens, et des mesures permettant à l'État de diminuer de manière unilatérale les tarifs des actes médicaux alarment la profession. Bertrand de Rochambeau, président du Syngof (gynécologues obstétriciens), critique les politiques qui, à ses yeux, nuisent au bon exercice de leur métier. Les médecins de ville, de leur côté, ont mis en place des plateformes pour signaler leur participation à la grève. Des milliers d'entre eux ont déjà répondu à l'appel.
L'intensification de cette grève est à prévoir : dès ce lundi, l'activité des blocs opératoires des cliniques sera réduite, et à partir du 10 janvier, une grande manifestation est prévue à Paris, où des milliers de médecins sont attendus. De plus, selon la fédération de l'hospitalisation privée (FHP), il est anticipé que jusqu'à 80 % des blocs opératoires soient arrêtés du 10 au 14 janvier.
En somme, cette grève des médecins libéraux représente un défi direct pour le gouvernement, qui a promis d'ouvrir des discussions sur les modes de rémunération, mais qui n'ont pas encore produit de résultats tangibles. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, insiste sur l'importance de renouer le dialogue, mais les syndicats demeurent sceptiques, exigeant des actions concrètes face à leurs revendications. Dans un contexte où l'hôpital public fait déjà face à une surcharge de travail, cette grève pourrait avoir des répercussions significatives sur l'accès aux soins des patients.







