Alors que l'IA était censée alléger la charge de travail, elle semble plutôt avoir intensifié l'effort à fournir. À Dublin, Maahir Sharma ne quitte jamais vraiment son bureau, il enchaîne les projets à la maison. Un soir, il utilise un agent d'IA qu'il a lui-même développé pour négocier des prix d'hôtels aux États-Unis, un projet purement personnel destiné à rester à la pointe dans un domaine en rapide mutation, rapporte Business Insider.
"Je pense que l’expérimentation avec l’IA est très importante", explique Maahir. À 24 ans, il affirme avoir accru sa productivité, mais cela a aussi intensifié sa pression. L'IA lui permet d'accomplir des tâches en quelques jours, mais au prix d'un investissement personnel croissant, avec 20 heures par semaine consacrées à des outils comme Cursor.
Une enquête d'Ernst & Young souligne cette réalité : 85 % des salariés de bureau aux États-Unis apprennent à se servir des outils IA en dehors des heures de travail. Tandis que des entreprises comme Meta et Microsoft s'agrandissent en embauchant des experts en IA, les emplois traditionnels connaissant un déclin, créent un climat de tension. Les licenciements coexistent avec des salaires de plusieurs millions pour attirer les talents nécessaires à cette transformation numérique.
Des témoignages comme celui de Tanvi Pisal, récemment licenciée, révèlent la peur d'une obsolescence croissante favorisée par l'IA. Elle consacre désormais 15 heures par semaine à se former et à tester de nouveaux outils, investissant de l'argent dans des plateformes d'apprentissage.
"Si je ne passe pas quelques heures le week-end à me mettre à jour, je commence à prendre du retard", déclare-t-elle.
Les professionnels tentent tous de compenser la pression croissante, notamment Udit Mehrotra, qui développe des applications IA sur ses heures libres, cherchant un équilibre entre vie professionnelle et apprentissage. Face à cette montée de la pression, certains comme Manoj Aggarwal se laissent parfois aider par leur employeur, qui fournit des ressources et des outils. Cependant, ce modèle reste une exception.
Au fur et à mesure que le secteur évolue, cette nécessité d'apprentissage continu devient incontournable. Même des employés comme Abhinav Bohra se trouvent contraints de dédier un temps important à se former, ajoutant ainsi une pression supplémentaire à leurs journées déjà chargées.
"Le véritable risque, c’est de devenir techniquement obsolète dans un domaine où tout change en permanence", souligne-t-il.
Dans la réalité actuelle, l'IA, censée soustraire des tâches, impose une nouvelle dynamique : celle d'un véritable apprentissage perpétuel pour ne pas être dépassé. Dans les bureaux et les appartements, des écrans allumés envoient un même message : le besoin pressant de rester à jour dans un environnement en constante évolution.







