Emmanuel Macron convie mercredi à Évian, dans les Alpes françaises, une session de travail axée sur la sécurité de l'intelligence artificielle, avec la participation de grandes figures du secteur tech mondial. Ce sommet du G7, dernier jour d'échanges, se conclura par un dîner sous les dorures du château de Versailles avec Donald Trump.
Sur le sujet numérique, les membres du G7, comprenant les États-Unis, l'Allemagne, le Canada, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, s'accordent sur la nécessité de protéger les mineurs en prohibant l'accès aux réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 15 ou 16 ans. Une déclaration à ce sujet pourrait être rendue publique ce mercredi.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé lundi l'intention du Royaume-Uni d'imposer cette restriction d'âge. Simultanément, la France envisage une législation similaire, illustrant un consensus croissant autour de la protection des jeunes sur Internet.
Cependant, des divergences persistent parmi les pays du G7 concernant la taxation des entreprises numériques et la régulation de ce secteur en pleine expansion.
Avant son arrivée en France, Trump a tenu à faire entendre sa voix en menaçant d'imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si Paris ne levait pas sa taxe sur les bénéfices des géants technologiques comme Apple et Google. Ce sujet sensible pour lui coïncide avec une opposition croissante entre les nations à ce niveau.
Dans un effort d’ouverture, la France a invité des figures influentes de l'IA, y compris Sam Altman d'OpenAI et Dario Amodei d'Anthropic, afin d'engager un dialogue lors d'un déjeuner de travail sur ces enjeux cruciaux.
Le dossier de la taxation numérique reste épineux pour Trump, qui bénéficie du soutien des leaders d'opinion dans la tech. L'année dernière, le Canada a dû abandonner ses propres initiatives dans ce domaine, craignant de compromettre les négociations commerciales avec les États-Unis.
Par ailleurs, l'influence d'Anthropic sur les discussions à Évian est indéniable, d’autant plus que l'administration Trump a récemment empêché l'accès aux modèles d'IA les plus puissants de la start-up pour les ressortissants étrangers, invoquant des raisons de sécurité nationale. Cette décision a suscité une vive réaction en France, où l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a déclaré : "La guerre de l'IA a déjà commencé. Nous ne pouvons pas compter sur d'autres, car cela nous rend vulnérables."
Edouard Philippe, un autre ancien Premier ministre, a également exprimé ses préoccupations en affirmant que "nous ne maîtrisons ni les modèles, ni le calcul" de l'IA, qui est désormais aussi vitale que l’électricité ou Internet.
En réponse, le gouvernement français a décidé de rompre ses relations avec Palantir, une société dont le cofondateur, Peter Thiel, est vu comme proche de Trump. Palantir sera remplacé par la société française ChapsVision, spécialisée dans l'analyse de données.
Sur le plan des relations internationales, le G7 abordera aussi les déséquilibres mondiaux, un autre sujet sensible de discussion, où Macron devra naviguer avec précaution pour maintenir une certaine harmonie durant le sommet.
Cette réunion a jusqu'à présent été marquée par une unité inattendue des sept puissances autour de la question ukrainienne. Trump, de son côté, se montre optimiste et désireux de prolonger son séjour en France, se réjouissant de sa rencontre avec Macron au château de Versailles pour célébrer les 250 ans de l'indépendance américaine, un moment que Macron a valorisé lors d’une récente interview.







