Le gouvernement français a révélé un projet d'investissement sans précédent dans le domaine de l'intelligence artificielle, mettant en avant une enveloppe de 655 millions d'euros. Lors d'une déclaration sur X, le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé : « Nous avons l'opportunité de mener cette révolution, pas simplement de la subir. » Selon lui, comme l'électricité et Internet ont transformé le passé, l'IA impacte déjà nos existences.
Ces fonds font partie du programme ambitieux France 2030, visant à doter les agents publics d'outils modernes pour alléger leur charge de travail. David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, a avancé que « l'objectif est de libérer les agents des tâches rébarbatives afin qu'ils puissent se concentrer sur l'essentiel de leur mission. »
Un assistant conversationnel souverain
Parmi les innovations phares, le lancement d'un assistant conversationnel dédié à la fonction publique. Après une phase d'expérimentation avec 10 000 agents, cet outil sera déployé à grande échelle auprès d'environ un million de fonctionnaires. Il s'appuiera sur les technologies développées par la start-up française Mistral et sera conçu pour effectuer des recherches, des synthèses et des analyses.
« Cet agent conversationnel est l'équivalent de ChatGPT, mais avec un cadre souverain et sécurisé », a précisé David Amiel.
L'administration face aux défis de l'IA
Le gouvernement impose également une transformation des pratiques au sein des ministères. « Chaque ministère doit prouver comment il intègre l'intelligence artificielle pour optimiser les démarches administratives et améliorer le service aux citoyens », indique Sébastien Lecornu. En cas de manquement, des conséquences budgétaires pourraient en découler.
Les ministères de la Justice et de l'Intérieur bénéficieront dès cette année d'outils avancés via la plateforme GenIAl. De plus, le site Ameli intègrera un assistant santé, géré par l'Assurance maladie, pour améliorer les interactions des assurés.
L’IA : une opportunité à double tranchant
Un signal fort a été envoyé par la DGSI, qui a interrompu son partenariat avec la société américaine Palantir, préférant la société française ChapsVision. Cette décision reflète un engagement pour la souveraineté numérique, particulièrement pertinent dans un contexte où les États-Unis restreignent l'accès à certains modèles d'IA avancés.
« L'intelligence artificielle représente une occasion tout autant qu'une menace », a souligné David Amiel, soucieux des risques liés à une trop grande dépendance vis-à-vis des technologies étrangères. Pour Paris, la préservation de l'autonomie technologique se profile comme une priorité stratégique dans les années à venir.







