Sauf changement inattendu, Alexandre Bompard est sur le point de prolonger son aventure à la tête de Carrefour pour un troisième mandat, avec la réunion annuelle des actionnaires prévue ce vendredi. En charge du groupe depuis 2017, il espère un nouveau vote favorable au siège de Massy, dans le sud de Paris, après l'avoir tenu l'année précédente sur les docks d'Aubervilliers.
Le renouvellement de sa position, annoncé en juillet 2025 par le conseil d'administration, a été validé à l'unanimité. Cela intervient alors que Carrefour se transforme et s'adapte aux nouvelles réalités du marché, notamment avec l'arrivée du milliardaire Rodolphe Saadé dans son capital et un plan stratégique ambitieux visant 2030, mettant l'accent sur l'innovation avec l'intelligence artificielle et le secteur alimentaire frais. Le titre de Carrefour a également connu une belle reprise, atteignant environ 17 euros lundi, après une chute significative à moins de 11 euros en 2025.
Sur le plan juridique, Carrefour a remporté des victoires notables. La semaine passée, un collectif de franchisés soutenu par le gouvernement a vu son recours rejeté par la cour d'appel de Paris, concernant une assignation visant la maison mère datant de 2023. Par ailleurs, le syndicat CFDT a perdu une action en justice contre l'entreprise, critique de son choix de gestion en location-gérance, qu'il qualifie de "plan social déguisé".
Cette année, Carrefour prévoit d'adopter le modèle de location-gérance dans une cinquantaine de ses magasins, incluant au moins six anciens hypermarchés Cora acquis en 2024. Cette question devrait susciter des débats lors de l'assemblée, comme l’a signalé un délégué syndical à l'AFP.
Dans une récente interview accordée au Parisien, Alexandre Bompard a défendu son approche, affirmant : "Ce modèle a permis de sauver de nombreux points de vente en difficulté, et en neuf ans, nous n’en avons fermé aucun." Les ramifications de la guerre au Moyen-Orient, ainsi qu'un rapport parlementaire sévère sur les marges dans la grande distribution, pourraient aussi pimenter les discussions.
Les questions entourant la rémunération de Bompard, qui a suscité des controverses ces dernières années, seront également abordées. Si les actionnaires donnent leur accord, il touchera un salaire de 3,5 millions d'euros en 2025, soit une augmentation de 100 000 euros par rapport à l'année précédente, avec la possibilité de recevoir des actions d'une valeur maximale de 5,6 millions d'euros sous conditions de performance.
Enfin, selon les derniers documents d'enregistrement de Carrefour, Alexandre Bompard détient actuellement 1,5 million d'actions de l'entreprise, soulignant son engagement envers l'avenir du groupe.







