Le 10 avril, Moody's a décidé de garder la note de la dette française à Aa3, équivalente à un 17/20, offrant un moment de répit dans un paysage économique incertain. Contrairement à Fitch et Standard & Poor's, qui ont abaissé la note de la France à A+, Moody's reste la seule agence à lui maintenir une notation de double A.
La dernière évaluation de Moody's avait, fin octobre, abaissé la perspective à négative, citant la fragmentation politique française comme un obstacle majeur à des mesures efficaces pour réduire la dette, la plus élevée de la zone euro. « La France doit faire face à une instabilité politique qui complique l'élaboration de réformes économiques claires », notait l'agence à l'époque.
Toutefois, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, a exprimé une vision plus optimiste. Lors d'une récente conférence, il a souligné que les développements geopolitiques, tels que le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, pourraient améliorer la situation : « Nous nous rapprochons d'un scénario économique plus favorable », a-t-il déclaré.
« La situation politique actuelle complique la tâche, mais l'économie française fait preuve d'une résilience remarquable dans des conditions modérées », a ajouté Éric Dor, directeur des études économiques de l'Ieseg, qui estime qu'une dégradation de la note aurait pourtant été logique.
Les chiffres récents montrent que, malgré un ralentissement, la croissance française reste relativement stable. La Banque de France a fixé ses prévisions de croissance à 0,9% pour 2026, un ajustement par rapport à un précédent estimé de 1%. Par ailleurs, le déficit public s’améliore, bien qu'il atteigne toujours 5,1% du PIB, un chiffre qui reste très préoccupant.
Les avis d'experts sur cette décision de Moody's divergent. Cependant, l'économiste Anthony Morlet-Lavidalie de Rexecode a résumé la situation : « Les agences de notation préfèrent intervenir dans des environnements plus prévisibles, et ce n'est pas le cas actuellement avec l'incertitude géopolitique. »
En conclusion, si le maintien de la note Aa3 est une bouffée d'oxygène pour la France, elle ne doit pas occulter les enjeux politiques et économiques que le pays doit encore surmonter.







