Chômage : les seniors perdent des droits
Les demandeurs d’emploi de plus de 50 ans sont les premiers concernés par une réforme majeure de l’assurance chômage. Jusqu’à présent, les allocataires âgés de 53 ans bénéficiaient d’une durée d’indemnisation prolongée. Avec la nouvelle réforme, cet avantage est désormais transféré à 55 ans. Cette décision pourrait avoir des répercussions sur plusieurs dizaines de milliers de personnes, qui sont souvent plus à risque de subir un chômage prolongé.
À partir du 1er avril, la nouvelle durée maximale d’indemnisation sera :
- Jusqu’à 55 ans: 18 mois (inchangé)
- Entre 55 et 57 ans: 22 mois et demi (au lieu de 27 mois précédemment)
- Au-delà de 57 ans: 27 mois
Un autre changement notable : les indemnités journalières seront désormais calculées sur une base calendaire de 30 jours par mois, indépendamment du nombre réel de jours dans le mois. Cela pourrait entraîner une baisse du nombre de jours indemnisés chaque mois, avec une perte financière moyenne estimée à 5 jours d’allocation sur certaines périodes.
Aides sociales : revalorisation modérée face à l’inflation
Bonne nouvelle pour les bénéficiaires de prestations sociales: leurs montants seront légèrement augmentés. Pour contrer partiellement la hausse du coût de la vie, la plupart des aides versées par la CAF seront revalorisées de 1,7 % à compter du 1er avril.
Les nouveaux montants mensuels du RSA sont :
- 646,52 € pour une personne seule
- 969,78 € pour un couple sans enfant ou un parent isolé avec un enfant
- 1 357,68 € pour un couple avec deux enfants
La prime d’activité, l’allocation adulte handicapé (AAH) et l’allocation de rentrée scolaire (ARS) bénéficieront également de cette revalorisation. Cependant, cette augmentation reste inférieure à l’inflation réelle, estimée autour de 3 %, ce qui maintient la pression sur le pouvoir d’achat des ménages modestes.
Un visa désormais obligatoire pour aller au Royaume-Uni
À partir du 2 avril 2025, tous les citoyens européens devront obtenir une autorisation de voyage payante pour entrer au Royaume-Uni. Ce changement, qui s’inscrit dans le cadre post-Brexit, vise à harmoniser les conditions d’entrée avec celles des autres nationalités.
Cette formalité concerne le programme ETA (Electronic Travel Authorization). Concrètement :
- Coût : 12 euros
- Validité : deux ans
- Séjours multiples de jusqu’à six mois à chaque entrée
Cette nouvelle exigence concerne tous les séjours, qu'ils soient touristiques, familiaux ou professionnels. Pour les Français ayant l’habitude de se rendre régulièrement au Royaume-Uni, cela représente une contrainte supplémentaire, susceptible d’affecter aussi les échanges scolaires et culturels.
Fiscalité : nouvelle taxe pour les plus hauts revenus
Une nouvelle mesure fiscale vise les contribuables les plus riches, introduite dans la loi de finances 2025. Elle se nomme Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) et concerne :
- Les personnes seules dont le revenu fiscal annuel dépasse 250 000 €
- Les couples dont le revenu dépasse 500 000 €
Deux niveaux d’imposition sont établis :
- Imposition minimale à 20 % sur la totalité des revenus imposables
- Taxe additionnelle de 3 à 4 % sur la part dépassant les seuils fixés
Cette contribution vise à renforcer la progressivité de l’impôt et à réduire les effets d’optimisation fiscale qui permettent aux foyers à très hauts revenus de bénéficier d’un taux d’imposition moyen inférieur à celui de la classe moyenne, justifiant ainsi un effort de justice fiscale de la part du gouvernement.
Et aussi : d’autres mesures à ne pas négliger
D’autres évolutions, moins médiatisées, pourraient également influencer les finances personnelles :
- Le prêt à taux zéro (PTZ) devient accessible sur tout le territoire pour l’achat d’un logement neuf, que ce soit un appartement ou une maison, et non plus uniquement dans certaines zones.
- Les droit de mutation augmentent dans environ 30 départements, passant de 4,5 % à 5 % du prix de vente, ce qui entraîne une hausse de 500 € par tranche de 100 000 € achetée, à la charge de l’acquéreur.
Ces ajustements, ensemble, font du 1er avril 2025 un mois décisif pour de nombreux budgets français : des pertes d'avantages pour certains chômeurs, un léger soutien pour les ménages modestes, de nouvelles contraintes pour les voyageurs, et un effort accru pour les contribuables aisés.
Se tenir informé de ces changements est essentiel pour préparer ses démarches, ajuster ses priorités ou anticiper ses dépenses. Car ce qui change en avril peut ne pas se voir immédiatement... mais se ressent souvent dans le portefeuille.







