Traditionnellement reconnue pour ses paysages naturels et son tourisme, la Manche ambitionne de se faire connaître pour son dynamisme économique. Face à un besoin croissant en main-d'œuvre, elle s'engage à renouveler son image afin d'attirer de nouveaux talents.
C'est dans cette optique que la Manche a collaboré avec l'Institut Choiseul pour organiser un événement à Paris, rassemblant des décideurs du monde professionnel.
Une population active en déclin
En dépit de son potentiel industriel, la Manche se trouve confrontée à un paradoxe, avec une baisse démographique et une demande significative en main-d'œuvre. Dans une étude réalisée par Attitude Manche en partenariat avec KPMG, il est prévu que la population active diminuera de 21% d'ici 2050, tandis que les besoins en employés augmenteront de 40%. "Les prévisions ne prennent même pas en compte les projets à venir," indique Catherine Brunaud-Rhyn, présidente d'Attitude Manche.
Des besoins de main-d'œuvre en forte hausse
Actuellement, les entreprises de la Manche peinent à recruter, et cette tendance va se renforcer dans les années à venir, particulièrement avec des projets d'envergure comme « Aval du futur », qui inclut le renouvellement de l'usine Orano La Hague. "Nous comptons actuellement 125.000 emplois dans la Manche, et avec le projet Aval, 15.000 postes supplémentaires devraient voir le jour," précise Nicolas Ferrand, directeur du programme.
Un choc d'attractivité nécessaire
Jean Morin, président du département, insiste sur le fait que la Manche nécessite un "choc d'attractivité". Chaque année, seulement 750 nouveaux actifs choisissent la Manche pour s’y installer, alors que l'objectif est de doubler ce chiffre d'ici dix ans. "Nous voulons faire de la Manche un eldorado pour les jeunes actifs," ajoute Catherine Brunaud-Rhyn.
Pour réussir, la Manche devra cibler des "professions intermédiaires" et collaborer avec les entreprises pour attirer des candidats de niveau Bac+2 et Bac+3.
Accessibilité et mobilité
Un autre défi majeur pour attirer des actifs est la question de l'accès au département. Jean Morin souligne l'importance d'améliorer les infrastructures. "Il est crucial de finaliser le chantier de l'A13 et de réduire le temps de trajet entre Cherbourg et Paris à moins de trois heures pour augmenter notre attractivité," déclare-t-il.







