Responsables de la déontologie professionnelle, les Ordres de santé, comprenant médecins, pharmaciens et dentistes, sont actuellement mis en cause par les pouvoirs publics en raison d'anomalies dans leur gestion financière et disciplinaire.
« Les faits révélés par l'Inspection générale des finances (IGF) sont alarmants et nécessitent une réponse rapide ainsi qu'une transformation en profondeur », a déclaré Stéphanie Rist, ministre de la Santé, lors d'une récente conférence de presse.
Elle a aussi insisté sur la détermination du gouvernement à garantir que ces ordres remplissent leur rôle de protection des patients et des praticiens.
Pour exercer, les professionnels de santé doivent cotiser à l'Ordre, une obligation jugée oppressante par beaucoup d'entre eux. La cotisation annuelle pour les médecins, par exemple, atteindra 365 euros en 2026.
D'après le ministère, l'IGF a alerté le procureur de la République concernant les irrégularités au sein de l'Ordre des médecins de Paris, mais également pour les Ordres des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes.
Le rapport de l'IGF évoque des indemnités injustifiées, des dépenses mal maîtrisées et des lacunes dans la gestion des ressources, soulignant une faiblesse dans le contrôle. En plus, des défaillances dans le traitement des affaires disciplinaires sont mises en avant.
« Des signalements concernant des infractions graves n’ont pas été suivis de mesures adaptées, ce qui pose de véritables interrogations sur l’efficacité des structures en place », précise l'IGF.
La ministre de la Santé a même évoqué la possibilité d'envisager une dissolution de l’Ordre des médecins de Paris, une mesure exceptionnelle déjà employée à plusieurs reprises dans le passé.
En réaction, le ministère a annoncé un « plan d'action structurant » visant à corriger rapidement les dysfonctionnements. Des mesures concrètes doivent être mises en œuvre d'ici mai pour les ordres concernés par l'inspection, avec des résultats attendus.
Ce processus de réforme sera progressivement élargi à tous les ordres de santé, qui seront soumis à de nouveaux contrôles de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).
Une enquête préliminaire publiée par le Canard enchaîné met en lumière des paiements irréguliers, comme une indemnité de 14 000 euros attribuée sans justification à une conseillère ordinale à Paris, ou des notes de taxi de 3 800 euros remboursées sans preuve.
Le rapport suggère également que des dépenses pour des bouteilles de vin et de champagne, ainsi que pour divers cadeaux, manquaient de justificatifs, et que l'usage de la carte de crédit de l'Ordre n'était pas encadré.
Concernant le suivi des plaintes, le rapport soulève des cas alarmants, telles qu'une condamnation en 2025 pour des propositions à caractère sexuel à un mineur, tout en continuant à figurer comme médecin généraliste retiré.
Dans un entretien avec l'AFP, Stéphane Oustric, président de l'Ordre national des médecins, a reconnu la véracité de nombreux points soulevés par l'IGF, soulignant que cela appelle à une vigilance accrue et à une optimisation des réformes en cours.







