Selon l’Agence portugaise pour l’environnement, le littoral du Portugal a perdu une superficie équivalente à 1 380 terrains de football depuis les années 1950, en grande partie à cause d'une série de tempêtes récentes. Face à cette situation alarmante, le gouvernement a annoncé un plan monumental de 174 millions d’euros pour réaménager les zones les plus touchées et traiter leur “dette de sable”.
Lors d'une conférence au sein de la belle ville de Porto, le président de l’APA, José Pimenta Machado, a rappelé que le pays avait dû céder environ 13 km2 de terre à la mer. Público rapporte les mots inquiétants du président : “C’est un littoral qui existait autrefois et qui ne reviendra plus. Il faudra l'accepter.”
Cette réunion, à laquelle était présente la ministre de l’Environnement, Maria da Graça Carvalho, avait pour but de dresser un bilan des ravages causés par la succession de tempêtes de début d'année et de dévoiler des mesures visant à protéger les populations et restaurer les côtes. “L’investissement total annoncé est de 174 millions d’euros”, précise Público, en insistant sur la nécessité de régler la “dette de sable” du pays.
Les plages les plus préoccupantes incluent celle de São Pedro da Maceda (Ovar), qui a perdu 20 mètres de son littoral entre octobre et février. D'autres sont également en danger, avec des pertes de 10 mètres à Pedrinhas-Cedovém (Esposende), 14 mètres à São João da Caparica (Almada), et jusqu'à 15 mètres à Quarteira-Forte Novo (Loulé).
l'équivalent de 400 piscines olympiques de sable à forte novo
À Forte Novo, pour compenser les pertes, l’APA prévoit d’ajouter un volume équivalent à celui de 400 piscines olympiques de sable. “Nous allons placer ici plus d’un million de mètres cubes de sable pour stabiliser toute cette zone de l’Algarve”, a suscité l'espoir José Pimenta Machado.
Comme l’a souligné Público, “le réapprovisionnement en sable permet non seulement de recomposer le paysage, mais aussi de protéger des activités économiques cruciales liées au tourisme.” Certaines plages, cependant, resteront fermées pendant la saison estivale en raison de l’ampleur des dégâts.
Dans une analyse pertinente publiée précédemment, la scientifique italienne Clara Armaroli, professeur à l’université de Bologne, a rappelé que, bien que le réensablement soit préférable aux digues, il ne faut pas se berner sur la durabilité des réserves de sable. “Le sable n’est pas éternel. Et le bon sable ne sera pas disponible pour toujours,” avertissait-elle, soulignant que l’évolution des paysages côtiers est inévitable. “Avec la montée des eaux, la plage que nous connaissons est destinée à se transformer – ou peut-être même à disparaître. Il est donc essentiel que notre relation avec le littoral évolue également.”







