Que retenir du premier tour des élections municipales qui s'est tenu en Eure et en Seine-Maritime ? Selon Pierre-Nicolas Baudot, maître de conférences à l'université de Rouen et expert en politique locale, les résultats sont révélateurs.
"Il y a un véritable succès pour les maires sortants Edouard Philippe et Nicolas Mayer-Rossignol, qui, bien que portant des ambitions différentes sur la scène nationale, affichent un ancrage local solide," a déclaré Baudot lors de son intervention sur ICI Normandie le 16 mars 2026.
Le Havre et Rouen : des résultats probants pour les sortants
Baudot a souligné une hausse globale de la participation par rapport aux élections de 2020, ce qui a certainement favorisé Mayer-Rossignol. "Ce dernier obtient un score supérieur à celui de 2020, profitant de cette fameuse prime aux sortants. Sa coalition avec les Écologistes a aussi porté ses fruits," a-t-il ajouté, notant que son chiffre au premier tour est monté de 6 000 en 2020 à 14 000 cette fois-ci.
En ce qui concerne Rouen, la droite a su s'unir, une dynamique qui n'était pas présente four ans plus tôt, et qui semble avoir été bénéfique, conclut Baudot.
Évolutions notables au sein des partis
Par ailleurs, le Parti de la France Insoumise a réalisé une percée significative, atteignant 14% des voix, une progression marquée par rapport aux 3,5% recueillis en 2020. Cet investissement militant sur le terrain a prouvé son efficacité, attribue Baudot, qui observe également la montée du Rassemblement National à Évreux avec près de 2 000 voix.
Un fait majeur à noter est la victoire de la ville d'Harfleur par Les Patriotes, qui marque une pénétration de l'extrême droite dans une ville historiquement communiste. "C'est un indicateur fort des changements en cours dans le paysage politique," explique-t-il.
Des chiffres révélateurs
La participation s'établit à 56,11% en Seine-Maritime et à 54,54% dans l'Eure. Bien que la participation soit en hausse par rapport à 2020, il est important de rappeler que les chiffres de l'élection précédente étaient marqués par un contexte pandémique exceptionnel. Tout de même, Baudot note que cette élection de 2026 ne parvient pas à atteindre les moyennes habituelles des municipales. La forte proximité de l'élection présidentielle n'a pas mobilisé les électeurs comme prévu.







