Cinq listes ont réussi à se qualifer pour le second tour des municipales à Paris, où Emmanuel Grégoire a surclassé Rachida Dati, qui a suggéré une fusion à son rival de centre-droit, Pierre-Yves Bournazel.
Les résultats officiels, diffusés par la municipalité, montrent qu'Emmanuel Grégoire, à la tête d'une coalition PS-Les Écologistes-PCF, a obtenu 37,98% des voix, une avance significative sur Rachida Dati, candidate LR et MoDem, qui ne recueille que 25,46% des suffrages.
À la traîne, l'insoumise Sophia Chikirou se place en troisième position avec 11,72%, suivie de Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) à 11,34% et Sarah Knafo (Reconquête!) avec 10,40%.
Pour Rachida Dati, ancien ministre de la Culture et maire du VIIe arrondissement, ce résultat est décevant, surtout en comparaison avec les prévisions des sondages tout au long de la campagne. Ce scrutin pourrait donner un élan aux forces de gauche, qui redoutaient un désir d'alternance après un quart de siècle socialiste.
Emmanuel Grégoire s’est réjoui de sa large avance lors du premier tour, mais a rappelé que « rien n'est fait » pour l’avenir. Pendant ce temps, Rachida Dati a mis en avant la « division » qui affaiblit l’alternance politique tant espérée, suggérant une fusion avec Bournazel.
Cette union a reçu un accueil favorable de la part du parti d’Edouard Philippe, bien que le choix final de M. Bournazel restait à confirmer. Ce dernier, conscient de l’enjeu, a rassemblé les leaders de listes d’arrondissements pour discuter des options avant le second tour, en insistant sur le fait qu'« aucune alliance avec les extrêmes » n'est envisageable.
Les fusions de listes doivent être finalisées d'ici mardi à 18 heures. Plus tôt dans la soirée, Sarah Knafo, sous la barre des 10%, a exprimé son désir de « vaincre la gauche » et attendait des résultats plus clairs avant d'évoquer une éventuelle collaboration avec Dati.
Côté gauche, Sophia Chikirou a confirmé son intention de participer au second tour, à condition qu’Emmanuel Grégoire refuse toute fusion. Cette stratégie semble en ligne avec celle de Jean-Luc Mélenchon, qui exclut toute alliance avec le PS. Grégoire a averti que le résultat n’est pas figé : « La droite et l'extrême droite pourraient l'emporter à Paris. » Il appelle donc tous les électeurs « progressistes » à soutenir sa liste.
Dans un communiqué, Anne Hidalgo a lancé un appel à la mobilisation des Parisiens pour soutenir Grégoire, malgré des tensions dans leur relation. Elle a souligné qu'« aucune voix ne doit manquer » à l'union de gauche et écologiste qu'il représente.
Rachida Dati, qui a été réélue dès le premier tour dans le VIIe arrondissement avec 58,77% des voix, a fait face à des accusations qui ont émaillé la campagne, notamment celles de violences sexuelles dans le périscolaire. Elle a accusé Grégoire d’être responsable de ce « scandale », une affirmation que celui-ci rejette catégoriquement.
Dati a choisi de ne pas participer à un débat télévisé pour éviter ce qu'elle a qualifié de « pugilat ». Elle affronte actuellement des accusations de corruption et de trafic d'influence, ce qui pourrait lui coûter jusqu'à dix ans de prison et cinq ans d'inéligibilité, des faits qu’elle conteste fermement.







