Tariq Ramadan est désormais en position de comparaître à son procès pour viols, d'après une expertise médicale publiée le 6 mars. Hospitalisé à Genève pour des complications liées à sa sclérose en plaques, l'islamologue de 63 ans n'a pas pu être présent lors de l'ouverture de son procès à Paris lundi.
Les experts désignés par le tribunal ont conclu qu'il est « apte à comparaître devant la cour criminelle départementale de Paris ». Initialement, la défense de Ramadan avait demandé un report de l'audience en raison de son état de santé, avec des avocats soulignant une « poussée » de sa maladie, rapportée par le quotidien Le Monde.
La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a ordonné cette expertise afin d'évaluer si un renvoi était nécessaire. Selon le rapport des deux neurologues, l'état de Ramadan est jugé stable, sans signe d'aggravation récente de sa sclérose en plaques. Cette nouvelle a été lue à l'audience, suscitant un débat parmi les juristes présents.
Des tensions au sein du tribunal
La situation s'est intensifiée lorsque l'avocat général, Philippe Courroye, a exprimé ses inquiétudes. Selon lui, Ramadan utilise « tous les moyens pour éviter d'être jugé », et il a demandé à la cour d'envisager un mandat d'arrêt international contre lui. Ce dernier fait face à des accusations de viols sur trois femmes entre 2009 et 2016, des crimes qu'il continue de contester avec véhémence.
Une lettre d'un médecin de Ramadan, lue par la présidente, a également révélé que son patient était « vidé de son énergie vitale » et nécessitait une « période de repos d’une semaine à dix jours ». Cette déclaration a amplifié les tensions, notamment avec Me David-Olivier Kaminski, avocat d'une des plaignantes, Henda Ayari, qui a critiqué cette manœuvre.
Dans le contexte de l'affaire, il est pertinent de rappeler que Tariq Ramadan a déjà été condamné en Suisse pour un viol sur une femme. Les implications de ce procès, qui devrait se poursuivre jusqu'au 27 mars, suscitent un vif intérêt public et soulèvent de nombreuses questions quant à l'équilibre entre le droit de la défense et la droit des victimes.







