Récemment exposés au Grand Palais, les tapis historiques de la Grande Galerie du Louvre attirent l'attention d'Antonin Macé de Lépinay, passionné d'art et directeur des collections du Mobilier National.
Originaire de Saint-Malo, Macé de Lépinay a été baigné dans la culture dès son enfance. Sa mère, Hélène, et son père, François, issu d'une lignée de corsaires, ont su transmettre cette passion à leur fils, qui se souvient de ses vacances dans un appartement richement décoré sur la rue Chateaubriand. « Nous passions toutes nos vacances dans ces deux très grandes pièces avec boiseries, plafonds à caissons et cheminées, » se remémore Macé de Lépinay.
Son parcours l’a conduit à l’École du Louvre, puis au musée Marmottan-Monet et aux arts décoratifs de Bordeaux, avant de rejoindre le Mobilier National en juillet 2020. « Je me suis tout de suite passionné pour ces tapis, longtemps oubliés au sein des collections du mobilier national, » confessé-t-il.
Lucas XIV avait commandé, en 1668, 92 tapis dessinés par Charles Le Brun pour orner la Grande Galerie. Lorsque les lissiers de la Manufacture de la Savonnerie achevèrent ces fascinants ouvrages de 4000 m2 en 1688, Louis XIV préférait la résidence de Versailles, ce qui entraîna une dispersion des tapis au gré des révolutions politiques et des préférences artistiques.
Tapis disparus
Avec l’aide de son équipe, Macé de Lépinay a collaboré avec Emmanuelle Federspiel et Wolf Burchard du Metropolitan Museum of Art de New York pour rassembler ces pièces rares. « Nous connaissions tous ces tapis, mais jamais nous ne les avions vus étalés ensemble, » s'étonne Antonin. Chaque pièce est ornée de bordures dorées sur fonds d'acanthes bleues, avec des motifs colorés qui évoquent la grandeur du Roi Soleil.
Pour la première fois, une trentaine de tapis ont été exposés et ont attiré près de 100 000 visiteurs. Macé de Lépinay se montre enthousiaste : « Aujourd’hui, nous connaissons 70 % de ces chefs-d'œuvre. Nous espérons que cette présentation éveillera l’attention de ceux qui détiennent des fragments ou des exemples déplacés de ces trésors. »
Le travail de restauration se continue, car certains tapis sont destinés à rejoindre le futur Musée du Grand Siècle, prévu pour ouvrir en fin 2027. « Il est crucial de redonner une histoire à ces œuvres, des témoignages de l’art et du savoir-faire français. Elles méritent d’être préservées, loin des passages de nos dirigeants, » conclut-il.







