Autrefois emblématiques des déjeuners à la mode, les sushis subissent une dégringolade inattendue dans l’Hexagone. La consommation a chuté de 30 % en deux ans, laissant de nombreux restaurateurs perplexes.
À l’heure du déjeuner dans les rues de Paris, un restaurant japonais révèle une clientèle clairsemée. Les tables, vides, témoignent d'un désintérêt croissant pour la gastronomie nippone. "C'est devenu un peu ordinaire, on voit toujours les mêmes plats, cela manque d’exotisme", confie une mère ayant amené sa fille. Un écho partagé par une ancienne cliente : "Avant, on sortait pour sushi au moins une fois par semaine, maintenant, c'est deux fois par mois. Les envies évoluent", dit-elle.
Des prix en hausse et une concurrence accrue
Une étude récente a révélé que le marché des sushis en France obtient de moins en moins de faveurs. Tatsuya Sato, chef japonais établi à Paris depuis 2010, attribue cette désaffection à l'augmentation des prix des ingrédients, comme le saumon et l'avocat. "Le sushi, c'est devenu plus cher, et même notre approvisionnement en produits japonais fait grimper la facture", précise-t-il.
Pour illustrer ce phénomène, avec un budget de 13 euros dans un restaurant japonais, un client obtient six sushis, six makis et une soupe. En comparaison, dans un établissement vietnamien ou thaïlandais, le même montant offre une assiette beaucoup plus généreuse, attirant les foodies de la génération actuelle, de plus en plus fans des cuisines coréennes et mexicaines, par exemple. Les temps changent, et il semblerait que la cuisine coréenne devienne le nouveau chouchou des gourmets parisiens.
Comme l'ont partagé deux amies au sortir d’un restaurant coréen, "C'est devenu tendance et aussi vraiment délicieux." Selon une enquête de l'agence de tendances INSEE, les repas coréens connaissent une popularité croissante, preuve d'un changement dans les préférences culinaires des Français.
Malgré cette baisse, l'industrie des sushis continue d’essayer de s’adapter pour ne pas sombrer. Les chefs envisagent des approches innovantes tout en espérant regagner l’intérêt de leurs consommateurs. À en croire la parole de Tatsuya Sato, "Nous devons faire preuve de créativité pour prouver que le sushi n'est pas encore cuit".







