Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a exprimé ses inquiétudes mardi concernant des menaces d'ingérence américaine qui pourraient nuire à l'intégrité de la justice française. Ses remarques font suite aux informations rapportées par des médias, dont l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui indiquent que l'administration Trump envisagerait des sanctions à l'encontre de juges ayant condamné Marine Le Pen.
Ghaleh-Marzban a insisté sur le fait que de telles actions seraient considérées comme une "ingérence inacceptable et intolérable" dans les affaires internes françaises. Il a souligné que si ces menaces se matérialisaient, cela devrait susciter une réaction des autorités françaises pour protéger l'indépendance de la justice.
Les jugements concernent non seulement Marine Le Pen, mais également le Rassemblement National et onze autres prévenus, tous soupçonnés d'avoir détourné des fonds du Parlement européen au profit de leur parti. Le procès en appel s'ouvre ce mardi.
En faisant écho au cas du magistrat français Nicolas Guillou, actuel membre de la Cour pénale internationale (CPI) et face à des sanctions américaines, le président a appelé à « se mobiliser contre l'idée même d'une ingérence étrangère en matière judiciaire ». Sephane Dufour, juriste et expert en droit international, a déclaré à Le Parisien que "la menace de sanctions a des conséquences très graves sur l’indépendance judiciaire et pourrait créer un précédent alarmant pour d'autres affaires."
D'autres sources rappellent comment des discours politiques de cette nature sèment le doute sur l'intégrité du système judiciaire. En mars, l’ancien président Donald Trump a même fait un parallèle entre la condamnation de Le Pen et ses propres problèmes juridiques, ajoutant une couche de complexité à la situation. Cette interconnexion souligne l'importance de surveiller les impacts politiques sur le système judiciaire et de protéger l'État de droit.







