Dans la Manche, les agriculteurs regroupés au sein de la Coordination rurale continuent leur action militante. Ce mardi 6 janvier 2026, une dizaine d'entre eux ont surveillé les accès du port de Cherbourg-en-Cotentin, ayant filtré les poids lourds venant d’Irlande toute la nuit. Malgré les conditions hivernales rigoureuses, ces agriculteurs ont installé des campements dans des camions et des tracteurs, cherchant à attirer l’attention sur leurs revendications.
« Nous sommes habitués à travailler par tous les temps et dans n’importe quelles conditions », souligne l'un des responsables de l'action. Avec cette mobilisation, ils espèrent sensibiliser le public et les décideurs aux difficultés qu'ils rencontrent, notamment à cause de l'augmentation des coûts de production et de la concurrence jugée déloyale.
Des experts du secteur agricole, tels que Jean-Pierre Guisset, économiste, indiquent que ces mouvements sociaux sont symptomatiques d'une agriculture en crise. « Les agriculteurs souffrent d'une pression économique énorme, exacerbée par des politiques qui ne prennent pas suffisamment en compte la réalité du terrain », affirme-t-il. Les actions de blocus, bien que périlleuses, sont vues comme une dernière tentative de faire entendre leur voix.
En réponse à cette situation, la préfecture de la Manche a annoncé qu'elle surveillerait de près l’évolution de la situation, tout en soulignant la nécessité de maintenir l'ordre public. Les agriculteurs, cependant, semblent déterminés à maintenir la pression, prêts à poursuivre leur mobilisation tant que leurs préoccupations ne seront pas prises en compte sérieusement par le gouvernement.
Cette confrontation au port de Cherbourg fait écho à d'autres mouvements similaires observés à travers le pays, illustrant la colère qui gronde au sein du monde agricole français. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si cette dynamique de protestation pourra aboutir à des changements notables dans les politiques agricoles.







