Le Conseil d'État a récemment rejeté le pourvoi de l'Association Francophonie Avenir concernant l'utilisation de l'écriture inclusive sur les plaques commémoratives de la Mairie de Paris. Cette décision, survenue alors qu'Emmanuel Macron se réunissait à l'Élysée, a suscité des réactions variées au sein de la société française.
À présent, il est possible de lire sur les murs de l'Hôtel de Ville : « Président.e.s et conseiller.e.s ». Une formulation qui peut faire grincer des dents certains puristes de la langue, mais qui est désormais considérée par le Conseil comme une forme légitime de la langue française. Cette initiative, lancée en 2017 et qui avait échappé à l'attention du public, a coûté la somme de 18 600 euros.
Ce sont des préoccupations linguistiques qui ont conduit l'Association Francophonie Avenir à engager des poursuites en 2021, dénonçant une forme d'écriture qu'elle jugeait idéologique. Leur argument ? Un non-respect du principe de neutralité inscrit dans l'article 2 de la Constitution française. Malgré leur contestation, la Mairie n'a pas réagi, et l'affaire a été portée devant le tribunal administratif qui, en mars 2023, a rejeté les demandes de l'association.
Motivée par un sens de la justice linguistique, l'association a donc pris son courage à deux mains pour porter l'affaire devant la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'État. Le verdict, annoncé le 6 janvier 2026, a réaffirmé que l'utilisation du point médian, qualifié « d'innovation grammaticale », n'enfreint en rien la légalité.
Selon le Conseil, ce point médian ne constitue pas un élément perturbateur mais un moyen de rendre le féminin visible, ce qui est d'une grande économie dans le coût d'une inscription. Cependant, des voix s'élèvent concernant la pertinence de ce choix, notamment sur la façon dont ces formulations seront prononcées lors des cérémonies officielles. Comment un.e maire/e pourrait-il/elle lire un texte comportant ce type de graphie en public ?
Cet affrontement entre tradition et modernité linguistique ne cesse de soulever des questions parmi les linguistes et les citoyens. Comme le souligne Jean-Pierre Dufresne, linguiste à l’Université de Paris, « la langue française est en constante évolution, mais il est essentiel de trouver un équilibre entre innovation et préservation de notre patrimoine linguistique ».
Alors que les médias s'interrogent sur cette double standard – l'écriture inclusive étant bannie des textes administratifs officiels mais tolérée sur les plaques commémoratives – de nombreuses personnes se demandent si nous assistons à une véritable transformation de la langue française, alors que des spécialistes prévoient que dans quelques décennies, notre belle langue pourrait connaître des changements révolutionnaires.
Cette décision devrait alimenter le débat public, car l'enjeu ne se limite pas à un simple point de ponctuation, mais soulève des questions majeures sur l'identité et l'expression au sein de la langue française.







