À partir de lundi et pour dix jours, les médecins libéraux de France se lancent dans une grève massive. Cette initiative, soutenue par plusieurs syndicats médicaux, vise à dénoncer des politiques qui, selon eux, compromettent la liberté de leur exercice et la qualité des soins. Cette mobilisation s’annonce dès lors comme l’une des plus significatives depuis des dizaines d’années.
Le 16 décembre dernier, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a été adoptée, mais elle a suscité de vives inquiétudes parmi les praticiens. Ceux-ci critiquent un budget jugé insuffisant face à des besoins croissants, ainsi que des mesures restrictives sur les prescriptions d'arrêts de travail et des tarifs de certains actes médicaux. Ces revendications ont trouvé écho au sein même des syndicats, qui s’unissent pour un front commun contre ces politiques.
Une mobilisation qui prend de l’ampleur
Frank Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), a affirmé que les remontées de terrain sont « impressionnantes » et que jusqu'à 85 % des médecins prévoient de participer à cette grève. « Les médecins se sentent trahis », a-t-il déclaré, soulignant le mécontentement général. Au total, toutes les organisations professionnelles, des jeunes médecins aux praticiens établis, participent à ce mouvement, à l’exception du Syndicat de la médecine générale (SMG), qui critique ce mouvement comme un défense des privilèges d’une corporation.
Des répercussions tangibles sur le système de santé
Le début de cette grève s'accompagnera de fermetures de cabinets et de l'arrêt programmé des blocs opératoires dans plusieurs cliniques. À partir du 10 janvier, une grande manifestation est prévue à Paris, et des actions symboliques ont été lancées, notamment un « exil » à Bruxelles impliquant plus de 2.000 participants. Selon les estimations de Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), jusqu'à 80 % des blocs opératoires pourraient être affectés, engendrant une surcharge pour l'hôpital public déjà sous tension à cause d'épidémies saisonnières.
Réactions officielles et mesures préventives
Face à cette mobilisation, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré avoir pris des mesures pour organiser la continuité des soins en collaboration avec les Agences régionales de santé (ARS). Elle n'exclut pas le recours à des réquisitions si la situation l'exige, afin d'assurer la prise en charge des patients. « Je prendrai mes responsabilités pour garantir que les concitoyens puissent être soignés », a-t-elle assuré.
Cette grève inédite symbolise un appel à la reconnaissance et à la défense d'un système de santé en crise, porteur d'enjeux majeurs pour l'avenir de la médecine libérale en France.







