À partir de ce lundi 5 janvier et jusqu'au 15 janvier, les médecins libéraux de Belfort se joignent à une grève nationale pour protester contre des mesures controversées du projet de budget de la Sécurité sociale, récemment promulgué. Ce mouvement, qui pourrait bouleverser l'accès aux soins, s'explique par des restrictions jugées problématiques, notamment en ce qui concerne les arrêts de travail.
Le Dr Luc Griesmann, généraliste à Belfort, s'exprime sur cette situation : "Nous sommes désormais limités à prescrire des arrêts de travail pour un maximum d'un mois et deux mois pour les renouvellements. Cela conduit à des objectifs financiers qui pénalisent les médecins, surtout si nous ne réduisons pas nos prescriptions d'arrêts de travail." Ce point de tension met en lumière la volonté du gouvernement de diminuer les coûts liés aux arrêts de travail, sans s'attaquer aux raisons sous-jacentes de leur augmentation.
Pour le Dr Griesmann, cette situation est intolérable. "Au lieu de chercher à comprendre les causes de l'augmentation des arrêts, on préfère sanctionner les médecins. Cela manque totalement de perspective", déclare-t-il, s'appuyant sur des principes fondamentaux de la médecine qui privilégient l'analyse des symptômes plutôt que leur simple gestion.
Le soutien des patients semble s'organiser. D'après le médecin, "la majorité de mes patients sont d'accord avec moi sur ces mesures et comprennent bien les implications que cela engendre, notamment l'augmentation à venir des cotisations des mutuelles et la dégradation de la qualité des soins." Il les invite à rejoindre la mobilisation, qui culminera par une grande manifestation à Paris le 10 janvier.
Ce mouvement survient alors que les hôpitaux, tels que l'hôpital Nord Franche-Comté, sont déjà confrontés à une saturation importante due à des épidémies de grippe. "La grève affectera directement la médecine générale dans notre région", déclare Olivier Decoster, directeur général de la clinique de La Miotte. "Les patients vont donc se tourner vers les consultations non programmées et les urgences, ce qui ne sera pas sans conséquences pour le système de santé local."
Un appel à la réflexion s'instaure autour des enjeux de la médecine libérale face à un système de santé en constante évolution, où les professionnels de santé se battent pour garantir un accès équitable à des soins de qualité. Comme l'indique le site France Bleu, ce mouvement de grève pourrait bien marquer un tournant dans les relations entre les médecins et les instances gouvernementales.







